La population de quatre espèces d’oiseaux nicheurs diminue à Bruxelles alors lorsqu’une espèce d’hirondelle revient nicher dans notre région après 40 ans, nous ne pouvons que nous en réjouir. Deux couples d’hirondelles de rivage (Riparia riparia) se sont installés sur les berges du canal, du côté de Neder-Over-Heembeek. Un couple s’est installé au printemps et un deuxième couple a été observé le week-end dernier. Elles devraient migrer vers l’Afrique en août-septembre et revenir à Bruxelles en avril.

© MICHEL JANSSEN

"C’est un événement anodin mais tellement symbolique, précise Alain Paquet, chargé de mission au département Études biodiversité urbaine de Natagora. Faire revenir, même de manière volontaire et artificielle, une espèce à Bruxelles qui n’était pas venue nicher depuis 1978, c’est important. L’hirondelle de rivage est la troisième espèce que l’on observe en Belgique. C’est la plus rare."

Le chargé de mission de Natagora évoque un retour artificiel de l’hirondelle car il est dû à l’installation d’un nichoir et d’un système de repasse qui diffuse en continu, grâce à l’énergie solaire, le chant des hirondelles de rivage. "C’est un chant de bienvenue", sourit Philippe Matthis, fonctionnaire directeur du Port de Bruxelles.

Les hirondelles boudent pour le moment les nichoirs et se sont installées dans des petites cavités sur la berge, en contrebas. "Ce n’est pas une mauvaise nouvelle qu’elles soient méfiantes par rapport aux nichoirs artificiels, explique Guillaume Dewouters, de l’ASBL Escaut Sans Frontières, coordinateur du projet. Au fur et à mesure, on espère qu’elles prennent confiance et qu’elles s’installent dans les nichoirs."

Les nichoirs ont été fabriqués par les menuisiers de la Ferme Nos Pilifs. "Nous avons de la main-d’œuvre et l’envie de nous impliquer dans la biodiversité de Neder-Over-Heembeek", précise Benoît Ceyssens, le directeur. Ce projet a également bénéficié d’un budget de partenariat entre Pari Daiza, Cap 48 et la Ferme Nos Pilifs.

Le Port de Bruxelles qui accueille les nichoirs est comblé. "Ces hirondelles qui reviennent après 40 ans c’est hors du commun, s’enthousiasme Philippe Matthis. C’est pour nous une première étape avant notre plan nichoirs dans le Port de Bruxelles."