La journée de ce lundi fut mouvementée sur le front du Covid Safe Ticket (CST). En fin de matinée, Le Soir annonçait que, contrairement à ce qui était attendu, l'élargissement du fameux pass sanitaire à l'Horeca, aux maisons de repos et au secteur culturel ne serait pas appliqué dans la capitale à partir de ce vendredi 1er octobre. La date du 8, du 15, voire même une date ultérieure étaient évoquées.

Sur le temps de midi, Rachid Madrane, président du Parlement bruxellois, confirmait sur BX1 que les autorités bruxelloises attendaient toujours l'avis du Conseil d'Etat et celui de l'Autorité de protection des données concernant ce fameux projet d’ordonnance du gouvernement bruxellois. "Même si le texte n'est pas voté avant le 1er octobre, il peut être validé avec des effets rétroactifs", affirmait le socialiste.

Malgré les nombreux appels passés par notre rédaction auprès de différents cabinets ministériels, le flou demeurait sur la mise en application de cette mesure, mais aussi sur les sanctions en cas d'infraction.

Il aura finalement fallu attendre le milieu d'après-midi pour que le ministre-président Rudi Vervoort apporte quelques éclaircissements. Par voie de communiqué, le socialiste indiquait que le CST "continuera à s’appliquer pour les événements de masse et s’appliquera donc, dès le 1er octobre pour les boîtes de nuit. Le CST pour les autres secteurs concernés ne s’appliquera qu’à l’entrée en vigueur de l’ordonnance bruxelloise, selon les conditions validées par le Parlement".

Mais quand l'entrée en vigueur du pass sera-t-elle effective ? "Elle sera fixée dès que la date de réception des avis (NdlR : du Conseil d'Etat et celui de l'Autorité de protection des données) sera connue avec certitude". Et d'ajouter : "en tout état de cause, la Région bruxelloise sera prête pour une entrée en vigueur sur son territoire dès le 15 octobre".

En attendant que le travail législatif avance, le gouvernement bruxellois dit "se concerter avec son homologue wallon". "Les domaines d’application du CST dans les deux régions concernent en effet les mêmes secteurs et visent des mesures comparables."

A noter que les autres mesures restent d'application dans la capitale tant que le CST n’est pas mis en place, à l’exception de l’heure de fermeture à 1 heure du matin qui est abrogée.

"Attitude particulièrement dommageable" selon le MR

Dans un communiqué, Alexia Bertrand, David Leisterh et Vincent De Wolf, tous trois députés bruxellois MR, disent "dénoncer les multiples allers-retours du gouvernement dans sa communication et la confusion qui règne autour de ce dossier".

"Une fois de plus c’est le chaos, après la désorganisation vaccinale", regrettent-ils. "Les annonces s’enchaînent alors qu’il n’existe toujours pas de base légale pour l’exécution du CST élargi à Bruxelles. Les secteurs et la population ont droit à la clarté. Les gens n’y comprennent plus rien, à un moment particulièrement crucial où l’autorité doit travailler à gagner davantage la confiance de la population. Cette attitude est particulièrement dommageable. Les explications de la majorité manquent aussi de transparence. Si son but était de se concerter avec la Wallonie, il aurait mieux fallu le dire clairement, voire mieux l’anticiper. Cela aurait eu du sens d’avoir une approche coordonnée dès le départ."

Les trois libéraux ajoutent : "Le Gouvernement bruxellois est déjà passé à côté de ses objectifs en matière de vaccination. Nous déplorons à nouveau le manque de stratégie. Les annonces de rétroactivité de la part du Président du Parlement sur un texte qui n’est même pas encore arrivé sur la table du Parlement relève du plus grand cafouillage démocratique".