Après la salle de shoot de la Ville de Bruxelles dont l'ouverture est prévué en décembre du côté de la gare du Midi (Lemonnier), voici celle de la Région bruxelloise, située au 55 avenue du Port, à proximité du siège du Port de Bruxelles. Ce "centre d’accueil intégré pour usagers de drogues" - ne dites surtout pas "salle de shoot" même si les personnes qui fréquenteront ce lieu viendront avant tout pour ça - verra le jour en 2026. Il accueillera, en son rez-de-chaussée, les drogués 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Financé par la Région bruxelloise et, dans une moindre mesure, le Port de Bruxelles, la construction de centre de shoot coûte 12,3 millions d'euros. Pas d'informations sur le coût de son exploitation. Il s'étendra sur 5 000 m2 - dont 1 000 m2 réservés au Port de Bruxelles - dans un bâtiment érigé suite à la démolition de ceux existants (voir la galerie photos).

Ce centre intégré est "une auberge du 21e siècle", assurent les architectes : "un lieu urbain comprenant des résidences temporaires, des espaces dédiés au bien-être des humains et à la rencontre de la communauté. Loin de l’institution au caractère anonyme, le projet est une juxtaposition de plusieurs 'maisons' autonomes mais en même temps connectées". On y trouvera un porche d’entrée, un jardin central et une loggia avec vue sur le canal.

Selon le ministre-président Rudi Vervoort (PS), qui pilote ce projet, "ce centre répond aux défis contemporains liés aux évolutions de la société : santé, précarité et amélioration des espaces et de la tranquillité publique. Le projet, sur lequel travaille en coordination l’ensemble des acteurs de la chaîne de la prévention et de la sécurité se positionne comme un dispositif innovant de cohésion sociale dans le quartier."

Le directeur général adjoint de Bruxelles Prévention et Sécurité Yves Bastaerts voit quant à lui dans ce projet "l’opportunité de créer du lien au sein de la Région de Bruxelles-Capitale en offrant aux résidents du quartier, mais plus globalement à tous les Bruxellois, un cadre de vie convivial et un espace public sécurisant". Car "l’usage des drogues et, de manière générale, le développement d’assuétudes constituent l’une des problématiques de santé publique au cœur de la sécurité urbaine, celle-ci pouvant être liée à des incivilités ou impacter la perception du cadre de vie des citoyens."