Une partie des professeurs exige le départ de la direction. Le pouvoir organisateur estime cette demande non fondée.

Voilà désormais plus de dix jours qu'une partie des enseignants de l'athénée royal Andrée Thomas, à Forest, effectuent des arrêts de travail quotidiens. Ils dénoncent depuis décembre la mauvaise gestion quotidienne de l'école par la direction, dont ils demandent le départ. "Aucun exercice d'incendie et d'évacuation n'a été effectué ces deux dernières années, les portes ignifuges ne sont plus opérationnelles, le sous effectif est chronique et la consommation de drogues se banalise au sein de l'école", dénoncent les professeurs dans un communiqué, pressant le pouvoir organisateur (PO) à "prendre conscience que son absence de réaction met en danger l'athénée dans son ensemble".

"Ils veulent la tête de la préfète mais ce sont pas les professeurs qui nomment leur direction. Il faut des éléments concrets, des rapports pour justifier l'éviction de la préfète et il n'y en a pas. Mais le PO accompagne au maximum la direction pour renforcer l'encadrement de l'école et améliorer le dialogue", assure le cabinet du ministre de tutelle Frédéric Daerden (PS).

Reconnaissant son caractère préoccupant, le pouvoir organisateur Wallonie Bruxelles Environnement (WBE) affirme suivre la situation de près. "Nous sommes en contact avec les éducateurs et les services de prévention de la commune et nous avons une réunion avec la direction demain. La situation est difficile pour elle et nous tentons de l'accompagner au mieux car nous n'avons aucune raison de l'évincer, indique Jean Leblon, administrateur général WBE. Des lieux de concertations sont prévus dans cette école comme dans les autres, nous ne pouvons pas être en contact direct avec les 25 à 30 000 enseignants que nous gérons."

En ce qui concerne la dégradation des bâtiments, WBE pointe le manque de budget. "On sait que le parc immobilier scolaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles est en mauvais état, surtout dans la capitale, donc nous faisons au plus urgent avec les moyens qu'on a." Et pour ce qui est de l'enseignante qui aurait été droguée au gaz hilarant : "Je l'ai lu dans la presse mais je n'ai pas reçu de plainte. Si j'en reçois une, j'investiguerai ce fait."