Opérationnel depuis septembre dernier, le nouveau centre de crise régional à Bruxelles doit constituer un atout supplémentaire dans la gestion des situations d'urgence, notamment dans le cadre d'une attaque terroriste comme en mars 2016. Ce quartier général de la Région bruxelloise en matière de sécurité est doté des dernières technologies de pointe pour favoriser la recherche de suspects et seconder l'enquête. L'infrastructure a déjà eu l'occasion de tester ses nouveaux écrans et d'activer son centre névralgique de 1.000 m2 depuis son inauguration l'année dernière. Le premier événement géré entre les murs du centre de crise remonte à octobre avec le sommet européen, avant plusieurs manifestations ces derniers mois. Il a également permis de suivre la nuit de la Saint-Sylvestre en réunissant les autorités publiques et les représentants des services d'intervention dans le cadre d'une "veille stratégique".

Le bilan des premiers mois d'utilisation est très positif, indique Bruxelles Prévention & Sécurité (BPS), l'organisme d'intérêt public qui coordonne les politiques de sécurité à Bruxelles, en collaboration avec la Haut fonctionnaire de l'agglomération bruxelloise. "Les différents acteurs de la sécurité sont impressionnés par le niveau de la technologie mise à leur disposition ainsi que de l'encadrement sur le plan logistique et informatique."

Le centre de crise régional doit favoriser une gestion simultanée et intégrée des différents opérateurs de sécurité de la Région de Bruxelles-Capitale qui l'utilisent lors d'événements planifiés tels que des manifestations, des rendez-vous sportifs ou culturels. Avec ses douze salles de réunions, sa "crisis control room" équipée de deux murs d'images et sa capacité de cent personnes, il permet de réunir les services impliqués comme la police fédérale et locale, le SIAMU, le parquet, la Sureté de l'État, l'OCAM (Organe de coordination pour l'analyse de la menace) ou encore les services de sécurité de la Stib.

Le centre bruxellois est aussi susceptible d'être rapidement activé pour la gestion de situations d'urgence, notamment dans le cas d'un attentat de grande envergure comme celui du 22 mars 2016, en appui du centre de crise national (NCCN) ou des autorités fédérales. Ses infrastructures offrent alors les avantages d'un quartier général opérationnel de sécurité avec un centre de commandement unique regroupant toutes les instances concernées ainsi que le partage des informations en temps réel entre tous les acteurs de la crise, à l'aide d'une table stratégique équipée d'écrans tactiles interactifs. Il permet également de gérer simultanément les aspects de sécurité civile et les premiers actes de l'enquête judiciaire.

"Toutes les images des caméras de la Région, de la police ainsi que de la Stib convergent au centre de crise régional", illustre BPS. "Toute cette technologie est mise à disposition des gestionnaires de la crise. Cette configuration permet à la fois une gestion de la crise, par exemple déterminer un circuit pour les ambulances, par les autorités compétentes ainsi qu'une gestion de l'enquête par les autorités judiciaires."

Les équipements disponibles doivent seconder la gestion de la crise, en particulier d'un attentat, grâce à un accès simple et rapide à de nombreuses informations. Des programmes d'analyse d'images vérifient notamment les données transmises par environ 4.400 caméras de sécurité sur tout le territoire bruxellois, tandis que la recherche d'une personne est facilitée par la technologie et l'utilisation de filtres sur les images enregistrées.

"On peut par exemple jouer sur la vitesse de déplacement d'une personne ou sur les couleurs des vêtements qu'elle portait", détaille Bruxelles Prévention & Sécurité. "Cela permet de gagner du temps en évitant de visionner de nombreuses heures de vidéo et de se concentrer sur le visionnage des séquences concernées par ces critères."

Toutes les communications vocales (radio, téléphonie, GSM) sont par ailleurs rassemblées sur une seule tablette dans le centre de crise régional. Le système est directement raccordé au réseau de télécommunications Astrid (utilisé par les services de secours) ainsi qu'aux autres opérateurs télécoms sans passer par les antennes qui peuvent être saturées, comme lors des attentats du 22 mars 2016.