Si aucune solution amiable n’est trouvée, Mme Sadin devra fermer le Crazy Car.

Marie-Paule Sadin en tremble. À 69 ans, si aucune solution amiable n’est trouvée avec la propriétaire, le 31 août, cette brave dame devra fermer un café de quartier typique qu’elle gère depuis 36 ans.

"Vous vous rendez compte ? C’est plus de la moitié de ma vie que j’ai passée ici, sept jours sur sept ou presque , sanglote-t-elle. Avec la propriétaire précédente, il n’y avait aucun problème, mais depuis que celle-ci est là, quinze ans à peu près, quand elle a hérité de la maison, elle me livre une véritable guerre. C’est de justesse qu’une première fois, j’avais pu renouveler, grâce à un avocat, mon bail commercial. À l’époque, le juge de paix m’avait donné raison alors pourtant que je n’avais pas payé le loyer pendant trois mois."

La propriétaire n’a en tout cas jamais diligenté les moindres travaux de rénovation indispensables. "C’est bien simple, vu l’état de la cuisine, l’Afsca interdit d’y préparer de la nourriture, sauf pour mon mari et moi, pour emporter à la maison. Mais regardez l’état des plafonds…"

Dans la cuisine, les gouttes tombent sur le plancher. "Et regardez dans quel état sont le sol, même dans la salle de café, les meubles de la cuisine et des toilettes. Or, certains ont été placés il y a six mois seulement. On est aussi resté deux ans et demi sans chauffage. Mais je refuse absolument de quitter les lieux."

En bagarre avec sa propriétaire, Marie-Paule est passée plusieurs fois devant le juge de paix. Le problème, cette fois-ci, c’est que l’ancien avocat de Marie-Paule a "oublié, dit-il", de demander la prolongation du bail en temps voulu, en mars 2015. "Il a commis cette erreur mais malheureusement, tout s’est fait oralement entre lui et moi. J’ai écrit au bâtonnier mais c’était la parole de l’avocat contre la mienne."

Un expert judiciaire a été désigné pour évaluer le préjudice subi par Marie-Paule pour trouble de la jouissance durant sept ans et demi. L’immeuble a été considéré comme insalubre et la propriétaire a dû l’arranger, ce qu’elle fit avec les appartements aux étages. Mais le numéro des maisons est différents : 1.161 et 1.159 chaussée de Wavre. La propriétaire a donc estimé qu’elle n’avait pas à arranger le café.

Le nouvel avocat évalue le préjudice de Marie-Paule à 49.000 €. "La propriétaire, ou sa société, prétend être insolvable. Donc on ne verra jamais la couleur de l’argent. Aussi, ce que je voudrais, c’est de pouvoir rester si possible deux ans, sans payer de bail. J’aurai alors 71 ans. Mais le 1er septembre, je serai toujours là !", martèle Marie-Paule. Ce sont ces nombreux et fidèles clients qui en seront enchantés.