Les médecins légistes ont expliqué, lundi matin, devant la cour d'assises de Bruxelles, que le décès de Radoslaw Barwieju est directement en lien avec les coups de couteau qu'il a reçus. Une dizaine de plaies ainsi que plusieurs estafilades ont été observées par les médecins sur le cadavre. Marek Krawczyk, un homme de 63 ans, est accusé du meurtre de son colocataire, Radoslaw Barwieju, âgé de 36 ans, découvert mort le 8 janvier 2019 dans un appartement de la rue Berckmans à Saint-Gilles. "Le décès de la victime est à mettre en rapport avec un choc hypovolémique à la suite de plaies par instrument tranchant et piquant dont une a perforé le cœur", ont détaillé les experts légistes.

La plupart des plaies ont été localisées sur le haut du corps. "Nous avons relevé une plaie de 6,6 centimètres au gril costal inférieur gauche, qui a provoqué une section du cœur au niveau de l'apex, atteignant de cette façon le ventricule gauche et le droit. Une autre plaie de 6,3 centimètres a été relevée au flanc gauche", ont expliqué les médecins.

"Une autre plaie de 10 centimètres était visible à l'épaule gauche, deux autres en région mentonnière, une autre plaie de 3 centimètres à l'avant-bras gauche et encore une à la main gauche. Ces deux dernières plaies peuvent être considérées comme des lésions de défense. Il y avait aussi quelques estafilades à l'avant-bras gauche et à l'épaule droite", ont-ils déclaré.

Le 8 janvier 2019 vers 09h30, l'accusé, Marek Krawczyk, s'est présenté au commissariat du Parvis de Saint-Gilles, affirmant que son colocataire était décédé. Il présentait des traces de coups au visage et son pull était taché de sang. Il a immédiatement été privé de liberté.

Une patrouille s'est ensuite rendue à l'adresse indiquée par Marek Krawczyk, rue Berckmans, dans un appartement au premier étage. Les policiers y ont découvert un homme d'une trentaine d'années inanimé et présentant plusieurs blessures par arme blanche, notamment au niveau du thorax. Il a été identifié comme étant Radoslaw Barwiejuk, âgé de 36 ans et de nationalité polonaise. Selon les informations de la police, il vivait en Belgique depuis six ou sept ans et était connu pour plusieurs faits de rébellion, d'outrage, de coups et blessures, de troubles à l'ordre public et de menaces.

Lors de ses premières auditions devant les enquêteurs, Marek Krawczyk a déclaré qu'il était rentré chez lui et qu'il avait découvert le corps de Radoslaw sur le sol. Il a émis l'hypothèse que ce dernier avait ouvert la porte à une personne qu'il connaissait et qui l'avait agressé.

Les enquêteurs ont ensuite confronté l'accusé à certains éléments d'enquête qui ne coïncidaient pas avec sa version des faits. Notamment, les images de caméras de vidéo-surveillance de la rue montraient que seuls deux hommes, l'accusé et la victime, étaient entrés dans l'appartement au cours de la soirée du 7 janvier et de la nuit suivante.

Plusieurs mois après le début de l'enquête, en mai 2019, Marek Krawczyk a finalement avoué qu'une bagarre avait éclaté entre Radoslaw et lui, au cours de laquelle il l'avait poignardé.