"Les faits se sont déroulés à Ixelles dans un AirBnb. [...] Ils m'ont fait mal et ils me voyaient pleurer mais ils n'ont pas arrêté. C'est comme si j'étais pas humaine. [...] Ils ont commencé à me violer à 2h et ils ont arrêté à 6h." Depuis le 12 août dernier, un compte Twitter publie des témoignages de viols ou d'abus sexuels principalement survenus à Bruxelles.


Nommé #BalanceTonWilly, le compte a été créé "pour que les gens (filles comme garçons) balancent leur violeur et les gens qui ont détruit leur réputation. Trop de réputations de vie et de familles ont été détruites par des mauvaises personnes". La jeune bruxelloise à l'origine du compte explique : "Il y a trop d'abus sexuels (revenge porn, viols, etc.) à Bruxelles. J'entends vraiment beaucoup d'histoires d'abus. Celle qui m'a poussée à créer ce compte est celle d'un jeune homme qui a pris rendez-vous avec une fille sans lui dire que d'autres hommes seraient présents. Quand elle a refusé leurs avances, ils l'ont laissée seule sur l'autoroute avant de venir la rechercher et d'abuser d'elle dans un appartement."

L'étudiante en sociologie reçoit quelque 200 témoignages chaque jour. "J'essaie le plus possible de ne pas me mettre à la place des victimes pour tenir psychologiquement. Et je fais le tri pour ne publier que des témoignages réels : je ne veux pas de filles qui ont été larguées et veulent se venger. Je ne suis pas du côté des femmes, je suis du côté des victimes."

Pour faire le tri, la jeune femme débusque les faux comptes Twitter. "Les comptes créés il y a deux jours, sans photo de profil et qui n'ont rien tweeté sont suspects donc je préfère les laisser de côté. Et je garde toutes les conversations pour assurer mes arrières."

"Je remarque que beaucoup de témoignages sont assez similaires : ce sont souvent des garçons d'un âge avancé qui invitent des jeunes filles de 15 ou 16 ans, pas encore stables, dans un appartement." Avec BalanceTonWilly, la jeune femme entend permettre aux victimes de se sentir libérées et d'avoir la force de porter plainte.


Porter plainte, c'est ce que la police de Bruxelles Capitale-Ixelles encourage les victimes à faire. "Nous ne pouvons qu'encourager toute personne à dénoncer le(s) fait(s) d'agression sexuelle dont elle a été victime auprès du commissariat de son choix. Aussi,nous vous invitons à consulter le site du Centre de prise en charge des violences sexuelles qui regorge d'informations utiles face à cette douloureuse épreuve", a réagi la zone de police sur Twitter.