Bruxelles

Sous l’étiquette B&B, des hôteliers bossent au noir, enfreignent les règles urbanistiques, etc. Comme du côté de la gare du Midi, Et ailleurs…

SAINT-GILLES Elle a bon dos, l’appellation B&B - Bed&Breakfast. Sous ce vocable s’exerce parfois “une offre hôtelière bas de gamme”, vertement combattue par Alain Maron. Un cas concret, 34, rue de Hollande. En séance publique, il y a une huitaine, l’écolo prôna la mise sous scellés d’un “commerce bien lucratif. Ces gens sont en infraction urbanistique. Ils tiennent un hôtel sans permis. Booking ou Tripadvisor ne laissent planer aucun doute”.

Suspectés d’être liés à une vraie mafia, les profiteurs du système (d’autres bicoques, comme au coin Mérode/Hollande, ont été acquises à des fins similaires) exploitent, par ailleurs, des travailleurs en noir. Qui logent dans une cave “qui a fait l’objet d’un arrêté d’inhabitabilité”, complète le député.

Au gré de son enquête, Alain Maron s’est livré à un petit calcul. Selon les tarifs de Booking et un taux de remplissage de… 100 %, les 10 chambres des deux baraques “reliées par l’intérieur” du 34, rue de Hollande font office de jackpot : “jusqu’à 22.800 € bruts par mois”. Outre le risque de “contagion”, le Saint-Gillois dénonce l’absence de sortie de secours ou un service en dessous de tout - ce dont attestent maintes critiques en ligne.

Disons encore qu’en marge de ces constats, le mandataire public voit d’un très mauvais œil tant la “concurrence illégale” qu’une franche menace pour le logement en un quartier du Midi sous pression. À l’instar de son collègue tennoodois, Ahmed Mouhssin (qui, vendredi, a interpellé… l’Écolo Christos Doulkeridis, secrétaire d’État au Logement), le membre de l’opposition saint-gilloise apprécie peu la “frilosité” de sa commune. “Qu’elle pose des scellés !”

Minute papillon !, rétorque-t- on, place Van Meenen. Un : début mars, Hygiène/Urbanisme/Sécurité et police ont constaté les infractions. Deux : le P-V a été transmis au parquet, seul apte à trancher. “La commune n’a pas le pouvoir d’empêcher une activité illicite. Mais nous avons relancé le parquet. Nous ne voulons pas que cela traîne trop longtemps…”

Saint-Gilles estime sa perte en taxes sur les hôtels à 6.000 à 7.000 €/an. Ceci dit, Charles Picqué (PS) et ses ouailles ne doutent que peu de la décision de justice; les illégalités pleuvent et cette zone du quartier du Midi, le Pras ne l’a affectée qu’à des toits.

Pourquoi réclamer l’urgence ? Combler le “vide juridique” que sauf Alain Maron tous reconnaissent exige du temps. “Il y a une zone grise !”, conclut Ahmed Mouhssin. “Les chambres d’hôtes, c’est, par décret de la Cocof, une appellation contrôlée. Les B&B ? À clarifier. La compétence sera régionalisée en 2013. Ça veut dire attendre 2014. Ça laisse du temps aux mafieux…”

À Paris, Bertrand Delanoë a obtenu, en avril, une condamnation (15.000 € et astreintes) pour “meublés touristiques”.

Une jurisprudence dont s’inspirer ?



© La Dernière Heure 2012