Artères transformées en piscine, caves et jardins inondés, habitations inhabitables : les fortes pluies qui ont suivi l'orage du 4 juin dernier ont fait de nombreux dégâts, notamment dans les communes du nord-ouest et du centre de la capitale. A Berchem, entre trente et cinquante ménages ont été touchés. "C'est un chiffre minimum qui concerne les quartiers les plus touchés que nous avons visités pour apporter notre aide aux habitants", explique le bourgmestre Christian Lamouline (CDH).

Dans cette commune, les dégâts concernent surtout des inondations de caves, de jardins et de quelques rez-de-chaussée. Les terrains de sport du complexe sportif communal ont également été touchés. "Nous avons du faire venir des pompes pour vider les caves fortement inondées. On a aussi du gérer le retrait de tous les biens abîmés dans les caves. Le quartier de la rue des Chats et de l'avenue du Roi Albert, à la frontière avec la Région flamande, a été particulièrement touché. Le ruisseau du Molenbeek a débordé. Nous avons contacté Bruxelles Environnement et la Stib, qui a un chantier à proximité, pour déblayer les lieux afin que le chemin soit dégagé de tout gravas si de nouvelles pluies devaient s'abattre sur nous."

Outre ces actions communales, les autorités locales ont pris contact avec Bruxelles Environnement. "Selon les informations que nous avons reçues d'eux, les seuils qui sont habituellement pris pour déclarer une calamité ont été dépassés." De son côté, Vivaqua estime que les pluies qui ont touché Berchem se situent entre des pluies qui s'abattent tous les cinq ans et des pluies qui tombent tous les cent ans. "C'est large comme fourchette mais à certains endroits, il s'agirait de pluies cinquantennales, c'est-à-dire qui s'abattent tous les cinquante ans. Or, les canalisations ont été construites pour contenir des pluies décennales."

Les pluies qui sont tombées dans certaines zones étant cinq fois plus importantes que ce que les infrastructures peuvent contenir, il n'est pas étonnant que celles-ci aient débordé. "Les bassins d'orage ont été remplis à 100%. Ils ont fait leur effet mais cela n'a pas suffi." Dès lors, pour assurer une aide supplémentaire aux riverains concernés, Christian Lamouline a introduit auprès de la Région une demande de reconnaissance des inondations du 4 juin comme calamité naturelle. "Vu le caractère exceptionnel des pluies cinquantennales, une telle reconnaissance permettrait aux habitants d'obtenir une indemnisation. J'ai envoyé le courrier jeudi après l'avoir présenté à mes confrères lors de la conférence des bourgmestres. Plusieurs d'entre eux ont montré leur intérêt." Charles Picqué (PS), maïeur de Saint-Gilles, dont certains quartiers ont été fortement touchés par les inondations, a indiqué avoir lui aussi introduit une demande en ce sens.