Bruxelles Le marché du bio croît chaque année de 10 % en territoire régional, le ministre bruxellois de l'Emploi Bernard Clerfayt (Défi) explique comment il veut booster le marché de l'alimentation durable.

Marches pour le climat, labels bio et réduction du plastique à usage unique : le développement durable gagne du terrain à Bruxelles. Parmi ses axes d’attaque, l’alimentation durable. Celle-ci prône à la fois l’accès à des produits de qualité, issus de la culture biologique, et la transformation de ces produits dans une optique zéro déchet. Cette autre façon de penser le contenu de notre assiette se veut respectueuse de l’environnement et de notre santé. Mais que représente-t-elle concrètement à Bruxelles ?

Sans surprise, le marché bio est encore minoritaire dans la capitale. Il semblerait toutefois qu’il dépasse le simple effet de mode. La croissance de ce marché est plus forte (10 %) en région bruxelloise que dans le reste du pays (6 %), pour un chiffre d’affaires estimé à 51 millions d’euros. En matière d’emploi, une enquête menée par Actiris montre que l’alimentation durable occupe déjà 2 500 emplois dans la capitale, dont près d’un millier dans la distribution. Mais, selon les projections de l’enquête, ce nombre pourrait doubler d’ici dix à quinze ans si une politique volontariste est mise en œuvre.

Et pour cause, Bruxelles dispose d’un grand potentiel de développement d’agriculture urbaine. "La région contient plusieurs centaines d’hectares agricoles qu’il suffit d’utiliser, explique Bernard Clerfayt (Défi). Aujourd’hui, on peut aussi cultiver sur les toitures ou en aquaponie. Ce sont des options qu’on veut mettre en place à l’avenir." En investissant dans le maraîchage, la Région pourrait créer au moins 1 400 emplois qui en généreraient d’autres, dans le domaine de la transformation et de la distribution alimentaires.

Jusqu’à devenir totalement autonome ? "Non, clarifie le ministre bruxellois de l’Emploi. La ville sera toujours dépendante de la campagne, notamment pour la viande. Et nos bananes viendront toujours du Brésil ou du Congo. Mais pour le reste, Bruxelles pourrait produire ses propres fruits et légumes. Il y a en tout cas un vrai potentiel que nous devons exploiter. C’est meilleur pour la santé, pour l’environnement et ça crée des emplois locaux. C’est du win-win !"

Outre les zones de maraîchage, cette production locale s’opère déjà dans les 392 potagers que comptait la région bruxelloise en 2018. Concrètement, cela représente un site potager pour 3 040 habitants. C’est la ville de Bruxelles qui en compte le plus (81) mais c’est Watermael-Boitsfort qui compte le plus de potagers par habitant (un potager pour 975 habitants). A contrario, Saint-Josse et Koekelberg ne disposent respectivement que de deux et cinq potagers urbains.

Globalement, le nombre de potagers est toutefois en augmentation à Bruxelles (+ 30 % par rapport à 2013).