Bruxelles

"Rendre les transports en commun gratuits, c’est tout simplement impayable, mais c’est aussi socialement injuste", affirme la secrétaire d'Etat.

Le débat sur la gratuite de la Stib continue de défrayer la chronique. Dernière sortie en date : celle de Lotfi Mostefa (PS), vice-président de la Stib, qui propose la gratuité du réseau en soirée et le weekend.

Une mesure à laquelle s'oppose Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d'Etat bruxelloise. "Je mets en garde contre cet élan de populisme. Rendre les transports en commun gratuits, c’est tout simplement impayable, mais c’est aussi socialement injuste: en fin de compte, ce sont tous les contribuables bruxellois qui paient l’addition via l’impôt. Un bon service public mérite un prix. En plus, il n’est pas vain de rappeler que la gratuité ou des tarifs sociaux existent déjà pour des catégories spécifiques de voyageurs."

"Les gens sont prêts à payer pour la qualité"

La Secrétaire d'État souligne que la Stib a obtenu de très bons résultats (une augmentation de 44%, passant de 277,3 millions de trajets à 401 millions de trajets sur une période de dix ans), grâce en partie aux investissements du gouvernement et aux revenus générés par les billets et les abonnements. "Les gens sont prêts à payer pour la qualité. Grâce à des politiques judicieuses et prévoyantes, la Stib a enregistré des chiffres particulièrement solides au cours des dix dernières années: un nombre toujours croissant d’utilisateurs, une gamme considérable de services et des données en temps réel dont on rêve certainement dans les deux autres régions du pays."

Mais avec les projets à venir – liés au métro essentiellement – les coûts ne baisseront pas brusquement, poursuit la Secrétaire d’État. "Au contraire: si nous voulons étendre le réseau des transports publics, un point sur lequel il existe un assez large consensus, nous devons également assurer un flux à tout le moins continu des revenus. De plus, le personnel de la Stib travaille très dur pour obtenir ces résultats: si nous voulons continuer à honorer les salaires, en tenant compte aussi de l’augmentation continue du coût de la vie, cela doit impérativement être financé par des rentrées fixes pour la Stib."

"Il est facile et populiste de dire que tout devrait être gratuit, mais nous ne pouvons pas nous permettre de jeter de la poudre aux yeux à nos concitoyens : la Stib mérite avant tout un financement juste, et non des idées aussi solides que châteaux de cartes", conclut-elle.