Télétravail obligatoire, institutions culturelles et Horeca fermées, école à temps partiel : le Covid-19 a bousculé nos vies il y a maintenant près d’un an. Si ce nouveau train-train quotidien ne convient pas à tout le monde, il a tout du moins le mérite de faire le bonheur de nos amis à quatre pattes. Choyés toute la journée, emmenés en balade plus régulièrement ou plus longtemps, nos chiens, chats et autres rongeurs ont bénéficié d’une attention toute particulière en 2020,

Les refuges bruxellois ont ainsi vu le nombre d’adoptions augmenter durant le premier confinement, de nombreux ménages ayant soudainement le temps et l’envie de s’occuper d’un animal de compagnie. Autorités et soigneurs se sont alors inquiétés de l’après confinement, craignant l’arrivée d’une vague d’abandons une fois les mesures sanitaires relâchées. Aujourd’hui, les voilà en partie soulagés : les chiffres sont stables par rapport aux années précédentes.

En 2020 dans la capitale, 3 105 chats ont été adoptés pour environ 2 925 chats abandonnés. Du côté des chiens, les quatre refuges comptent 312 adoptions pour 589 abandons. A Anderlecht, les races de chiens les plus abandonnés chez Veeweyde sont l’American staff, le berger malinois et le berger allemand. Pour ce qui est des nouveaux animaux de compagnie, 144 rongeurs et lapins ont été adoptés à Bruxelles et 130 abandonnés. Les oiseaux sont les plus mal lotis puisque la Ligue royale belge pour la protection des oiseaux en a recueilli 978, pour seulement 93 adoptions.

Ces chiffres ne surprennent pas le Fanal des chats, à Schaerbeek. "On a eu 166 abandons, c’est un peu moins que d’habitude car les gens ne sont pas partis en vacances. Et puis, on a veillé à ne pas accepter d’adoption pendant le confinement même pour éviter les décisions non réfléchies." Help Animal compte, lui, près de 900 adoptions. "On a un peu peur de l’après confinement et des mauvaises habitudes que pourraient développer les animaux laissés seuls à la maison mais j’ai l’impression que les adoptions sont meilleures, plus préparées, explique Fabrizio Follacchio, directeur du refuge. Des animaux plus difficiles à placer ont été adoptés car les gens ont plus de temps. Et puis, on fonctionne désormais par rendez-vous, ce qui permet d’éviter les adoptions impulsives."

Les refuges conquis par le système sur rendez-vous

Les mesures sanitaires ont en effet obligé les refuges à fermer plusieurs semaines avant d’ouvrir uniquement sur rendez-vous. Un nouveau système de fonctionnement qui semble faire l’unanimité auprès des professionnels. "Je suis à 90 % pour le fait de continuer à travailler comme ça car on est plus dans le bien-être animal. Les soigneurs ont plus de temps pour s’occuper des animaux et il y a moins de passage, de défilé de personnes qui ne sont pas forcément de bons adoptants."

Un constat partagé par Veeweyde qui ne compte que 373 adoptions et 428 abandons en raison de sa fermeture pour rénovations. "On a dû refuser des abandons. Globalement, les motifs d’abandons ne sont pas liés au Covid mais au manque d’éducation du chien. On a eu une année record en termes de retours puisqu’il n’y a qu’une adoption qui n’a pas fonctionné, alors qu’on en a habituellement une quinzaine", indique Ludivine Nolf, porte-parole du refuge.

Lorsque les mesures sanitaires le permettront, Veeweyde maintiendra le système de rendez-vous tout en reprenant les visites libres. "Celles-ci sont positives aussi, ça nous manque d’accueillir les gens librement. Mais le système de rendez-vous est vraiment bénéfique pour nous et pour l’animal. Ca nous permet de faire des visites personnalisées sur mesure, les adoptions sont ainsi plus réfléchies et mieux encadrées par nos équipes."