Le texte ouvre aussi la porte à la possibilité d'agréer et de subventionner des services comme des salles de consommation à moindre risque dans la capitale. Selon les auteurs (Zoé Genot-Ecolo; Julien Uyttendaele-PS, Juan Benjumea Moreno-Groen; Els Rochette-one.brussels-vooruit; Khadija Zamouri-Open Vld; et Nicole Bomele-DéFI), de nombreux pays voisins accueillent déjà des salles de consommation à moindre risque, en proposant un accompagnement.

A leurs yeux, les stratégies traditionnelles de prise en charge de la toxicomanie ont montré leurs limites. C'est la raison pour laquelle les acteurs cherchent désormais à privilégier une démarche d'accompagnement et de réduction des risques afin de promouvoir la santé, le bien-être et la dignité des consommateurs.

Les outils de réduction des risques sont nombreux: l'analyse de drogues de synthèse, l'échange de seringues, la distribution de kits d'injection, les automates de distribution, les services bas seuils, la distribution de préservatifs, les médicaments de traitement des overdoses,... ainsi que l'orientation des usagers de drogues vers différents services pour mettre en œuvre un parcours de santé et social adapté. Certains de ces outils existent déjà à Bruxelles. D'autres gagnent encore à être mis en mis en place.

Pour Zoé Genot (Ecolo), il était indispensable de proposer un cadre qui assure la qualité des services proposés mais aussi protège les travailleuses et travailleurs de ces services de la réduction des risques. "Le travail débuté en 2017, affiné suite aux remarques du Conseil d'État pour s'inscrire dans le cadre de la loi de 1921 sur les drogues, nous a permis de nous appuyer sur nos compétences, en créant un espace sécurisé pour les pratiques actuelles. Nous l'avions décidé dans l'accord de majorité; nous devenons la première région à légaliser les salles de consommation ou le transport de drogue pour le testing", a-t-elle souligné.

A noter qu'en mai 2018, le parlement wallon avait déjà approuvé une résolution visant la mise en place, encadrée, de salles de consommation à moindre risque, sous forme d'expériences pilotes de dispositifs intégrés pour réduire les risques liés aux assuétudes et à la toxicomanie dans les grandes villes wallonnes.

"Depuis le début de la législature précédente, avec l'appui de secteur associatif, nous défendons sans relâche la mise en place de dispositifs de réduction des risques (bornes d'échanges de seringue, SCMR?). Un tel cadre légal nous permettra d'aider de manière plus efficace et de façon plus humaine un des publics les plus fragilisés de notre Région", a commenté pour sa part Julien Uyttendaele.

Aux yeux de l'élu socialiste, le combat est encore long et il importe de garder comme point de mire la loi « anti-drogue » de 1921 qui nécessite de profondes modifications.