Ca y est : la mise en œuvre du PAD Gare de l'Ouest est relancée. Après des années de négociations infructueuses, la SNCB et Infrabel, propriétaires de la friche de la gare, ont enfin trouvé un accord avec la Région et la commune de Molenbeek. Le gouvernement bruxellois a ainsi approuvé en deuxième lecture le plan d'aménagement directeur de la zone, après l'enquête publique qui a permis aux citoyens et aux instances concernées de donner leur avis sur le projet.

Située le long de la rue Alphonse Vandenpeereboom, la friche s'étend sur près d'un kilomètre, de la station de métro Osseghem à la gare de l'Ouest. Au centre, la station Beekkant et sa passerelle permettent de passer d'un côté à l'autre du site, traversé par le chemin de fer. Au total, ce sont pas moins de treize hectares qui sont inutilisés et que le PAD entend revaloriser.

Avec un parc public, d'abord, qui s'étendra sur minimum trois hectares d'Osseghem à Beekkant. Bruxelles Environnement commencera prochainement à dépolluer les sols afin de le rendre accessible le plus rapidement possible. La Région le fera évoluer ensuite, au fil de la mise en œuvre du PAD, annonce Citydev. Dans la deuxième partie du site, entre Beekkant et gare de l'Ouest, s'érigeront des logements, dont une majorité sera publique, des activités économiques, des équipements et des commerces. De l'autre côté de la voie ferrée, sur le site de l'ancien siège de Delhaize, d'autres logements, commerces et activités récréatives verront le jour, dont un parc aquatique.

La station Beekkant sera par ailleurs agrandie et sa passerelle rénovée afin d'être plus accueillante, à toute heure du jour et de la nuit. Elle sera connectée à la cyclostrade, le projet de piste cyclable rapide qui relie le quartier Nord à la station de métro Jacques Brel, à Anderlecht. La commune prévoit également la rénovation de la place Beekkant pour élargir l'espace public, dans la continuité du nouveau parc de la gare de l'Ouest.

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Si un budget de trois millions d'euros a déjà été attribué pour ce dernier projet, qui ne fait pas partie du PAD, le programme mixte de logements et d'activités ne verra pas le jour de si tôt. Le PAD apporte en effet une vision spatiale du futur de la zone mais il doit encore être approuvé en troisième lecture par le gouvernement, une fois que le Conseil d'Etat aura rendu son avis. Des négociations et demandes de permis devront ensuite décider des projets concrets qui feront revivre la friche.

"Entre la validation du plan directeur et la finalisation de l'ensemble des projets, je pense qu'il faut compter dix ans, a indiqué le ministre-Président Rudi Vervoort (PS). Nous misons donc sur des occupations temporaires et un parc évolutif afin de permettre aux riverains de s'approprier les lieux dans les plus brefs délais."

De son côté, la bourgmestre de Molenbeek s'est réjouie de voir la situation se débloquer. "C'est un moment décisif pour la commune parce qu'il a pendant longtemps été difficile d'aboutir à un accord. Il était important pour nous qu'il y ait du logement public, un parc et des perspectives d'emploi car il s'agit de l'un des quartiers les plus denses et les plus jeunes de Bruxelles. Nous remercions d'ailleurs Infrabel d'avoir choisi ce quartier pour installer l'Infrabel Academy, centre national de formation aux métiers du chemin de fer."

Catherine Moureaux (PS) et son échevin des Travaux publics Jef Van Damme (Vooruit) espèrent voir l'ouverture d'un centre aquatique récréatif, type Océade, d'ici cinq ans. "Certains jeunes n'ont pas toujours la possibilité de partir en voyage parce que c'est trop cher. Une telle piscine subtropicale est une excellente façon de passer des vacances dans leur propre ville." Les élus locaux plaident également pour une piscine à tarif préférentiel pour les Molenbeekois(es), la piscine existante ne pouvant accueillir tout le monde.

Le nord-ouest de la friche sera quant à lui réservé au développement de la biodiversité. "L'objectif est de transformer la friche, qui est actuellement une barrière entre les côtés est et ouest du quartier, en une passerelle ouverte sur la ville", conclut le directeur général de perspective.brussels Antoine de Borman.