Jette a désencombré le 67 rue de Moranville. Au nom de la sécurité publique. Plainte rageuse du propriétaire

JETTE Furieux. Mais posé. Prêtez l’oreille à P. Gabriels, l’homme présidant aux destinées de la baraque barricadée du 67 rue de Moranville. On parie notre froc que vous le trouverez tout à la fois mesuré et fâché.

“L’arrêté d’insalubrité a été pris le 26 juillet”, chronologise-t-il en entrebâillant la porte de son bien en décrépitude. Poussière surabondante, pièces dénudées ou trous immenses dans des plafonds du premier étage donnent, a priori, quelque crédit à la mesure du bourgmestre. Pas pour ce Jettois que la calme rue pratique depuis environ deux décennies ! “Les trous proviennent de problème de cheminée”, se persuade le juriste qu’une maladie force au repos provisoire.

Deux éléments perturbent un homme aujourd’hui à peu près à nu -la bicoque a été vidée de sa substance par containers. Selon lui, même si son toit mitoyen déprimerait un clown, rien n’en justifiait l’inhabitabilité; “aucun péril”. Enfin, l’entité n’aurait pu exiger que ses tonnes de fatras filent à la poubelle. Le malheureux solitaire le clame haut et fort : “Mon désordre ne regarde que moi. Ce que confirme mon avocat.”

Le 4 avril 2012. C’est ce jour-là que les pompiers ont constaté, “sur plainte d’un voisin”, que le toit du 67 de Moranville pourrissait. Une délation qui, derechef, hérisse le propriétaire… De fil en aiguille, une première tentative de dépouillement du logis échouera le 24 août. “Il leur aurait fallu un jugement du tribunal.” Partie remise, les 7, 8 et 10 septembre, un laps de temps durant lequel mister Gabriels goûtera du cachot, sauvera de vagues meubles (“Ils ont arraché des portes d’armoires”) et de rares affaires. “Injustement” dégarni, il a déposé plainte contre Jette. Mais en s’accrochant à une bonne foi âprement contestée.



© La Dernière Heure 2012