De la fumée émane d'une station de métro bruxelloise. Un attentat vient de s'y produire. Trois victimes gisent au sol. C'est alors qu'un policier, un médecin et un secouriste ambulancier, également militaires, interviennent de concert pour sécuriser les lieux et apporter les premiers soins.

Il s’agit là non pas d’un réel attentat mais bien d’une simulation grandeur nature réalisée dans une pièce de la toute nouvelle école des métiers de la sécurité, de la prévention et du secours, appelée Brusafe et située à Haren, à deux pas du Décathlon. Le simulateur est situé dans une salle carrée permettant la projection d’images au sol, sur les murs, l’utilisation d’odeurs et de sons dans le but de mettre l’apprenant en situation et d’analyser ses réactions. L’école Brusafe, qui va permettre de former 600 personnes chaque année, a été inaugurée ce mercredi en présence du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS).

Et c’est bien là, la spécificité de ce nouvel établissement : centraliser, dans un seul et même bâtiment, plusieurs corps de métiers afin d’acquérir des automatismes et d’améliorer la collaboration sur le terrain. On y retrouve ainsi les futurs pompiers, policiers, secouristes-ambulanciers, gardiens de la paix et agents constatateurs.

Hormis la salle de simulation, nous retrouvons dans cet immense bâtiment pas moins de 35 salles de cours, deux salles spécifiques pour la pédagogie active, un simulateur de conduite d’un véhicule de police, des exercices extérieurs et un bâtiment pour les exercices pratiques. Dans ce dernier, les apprenants policiers peuvent compter sur deux "appartements du crime" pour participer à des exercices en situation, en intervenant dans un salon ou dans une chambre pour bébés.

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Grâce à ce nouvel établissement, la Région bruxelloise entend davantage "bruxelliser" la fonction de police dans la capitale. En effet, Brusafe héberge également le Centre d’Orientation au Recrutement (COR), qui propose un panel de services gratuits tels que des entretiens d’orientation, des bilans de compétences, des simulations d’épreuves de sélection, etc. "Par la création du COR, le souhait du gouvernement bruxellois est de faire de Brusafe le guichet d’entrée unique pour la formation et le recrutement de Bruxellois dans les différents métiers de la sécurité, de la prévention et du secours", affirme Rudi Vervoort.

"La formation est un enjeu essentiel pour la sécurité en Région bruxelloise", explique Yves Bastaerts, directeur général de Bruxelles Prévention & Sécurité (BPS). "Brusafe, en agissant comme guichet d'entrée unique pour le recrutement et la formation de jeunes Bruxellois, porte cette vision intégrée de la sécurité publique."

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Actuellement, 40 % de Bruxellois sont inscrits à Brusafe. Parmi eux, l’on retrouve Alessandro Augello, agent de police au sein de la zone Marlow (Uccle, Auderghem, Watermael-Boitsfort), qui en est à son septième mois de formation pour devenir inspecteur de police. "Il s’agit d’une formation qui dure un an, suivie d’un stage de six mois. Personnellement, je travaillais déjà en tant qu’agent dans la zone Marlow et je souhaite poursuivre ma carrière dans cette zone en tant qu'inspecteur."

Selon lui, un travail doit être réalisé afin d’améliorer les connaissances des futurs policiers concernant "le fait bruxellois". "On a souvent des idées préconçues concernant certains quartiers et certaines zones mais qui ne se vérifient pas sur le terrain. C’est cette mauvaise perception qui peut dissuader certaines personnes de devenir policier", conclut-il.