Isolement social, stress, manque d’activité et parfois violences : le confinement de la première vague a lourdement marqué nos enfants et les spécialistes ont rapidement pointé la nécessité de rouvrir les écoles.

Gladys Kazadi et Véronique Lefrancq mettent aussi en évidence la pression psychologique que vivent certains enfants. "Les enfants qui vivent dans un cadre peu sécurisant – que ce soit à cause de fragilités sociales, économiques ou émotionnelles – et qui ont connu l’école fermée, les activités limitées, les contacts extérieurs interdits, vivent une double peine. Ne minimisons pas l’impact de cette situation inédite sur le développement psychique des enfants."

Les mesures de confinement sont par ailleurs un catalyseur des cas de violences intrafamiliales. Et pourtant, durant la première vague, l’ONE (Office National de l'Enfance) s'inquiétait de la diminution du nombre de signalements qui avait été provoqué par l’isolement social rendant la maltraitance moins visible.

Selon les députées humanistes, le caractère atypique de la crise du Covid-19 oblige les autorités à s’adapter dans le repérage de cas de maltraitance infantile. "Le confinement avait coupé les enfants maltraités de toute possibilité d’aide extérieure. Avec la réouverture des écoles, celles-ci peuvent jouer un rôle important dans l’identification de cas de maltraitance afin de les signaler."

Les élues identifient trois actions : un état des lieux des cas de violences infantiles sur le territoire de la Région bruxelloise, des formations en classe à destination des élèves, et ce, dès l’école maternelle pour les inviter à reconnaître toutes les formes de maltraitance et les signaler auprès de la direction, et une formation professionnelle adaptée du personnel éducatif dans la détection de cas de maltraitances et dans les réactions à adopter face à un enfant qui se confie.

"Avec le confinement, nous savons que les violences intrafamiliales ont été multipliées. C’est le moment où jamais d’en faire une priorité politique et de combattre ce fléau qui touche à l’intégrité physique et mentale de trop nombreux enfants", concluent Véronique Lefrancq et Gladys Kazadi.