Unia enregistre en 2016 une augmentation des dossiers ouverts pour discriminations liées au handicap et convictions religieuses.

Une femme voilée se voit refuser l’accès à un bureau de vote, un homme de confession musulmane n’accepte pas de serrer la main de sa collègue, un jeune homme juif est harcelé en rue parce qu’il porte la kippa, une personne en chaise roulante ne peut accéder à la maison communale faute de rampe d’accès, etc. Chaque année, des centaines de Bruxellois sont victimes de discriminations en tous genres.

Mais en 2016, Unia, le centre interfédéral pour l’égalité des chances, a constaté une explosion des dossiers ouverts pour des discriminations liées à deux critères : le handicap et les convictions religieuses, avec une hausse de plus de 50 % des dossiers ouverts en Région bruxelloise !

"Aujourd’hui encore, les personnes en situation de handicap sont trop souvent discriminées, mises à l’écart ou ignorées, explique Michael François, porte-parole d’Unia. De nombreux obstacles les empêchent de participer activement et sur un pied d’égalité à la vie politique, économique, sociale et culturelle. Les mentalités doivent changer ! Notre modèle de société doit évoluer vers un modèle plus inclusif et la Belgique manque clairement d’ambition à cet égard."

C’est pour cette raison qu’Unia a lancé il y a quelques semaines une campagne visant à davantage prendre en compte les droits des handicapés. Ainsi, à travers cette campagne d’information, et en utilisant différents canaux de communication, Unia veut changer la donne en diffusant : des films sous-titrés sur les réseaux sociaux et en pharmacie, des bannières sur les sites web fréquentés par des personnes handicapées, des affiches et dépliants dans les associations représentatives des personnes handicapées.

Parmi les tendances observées en 2016, on constate une forte croissance des discriminations liées aux convictions religieuses. "On note depuis cinq ans une sorte de transfert des cas de discrimination en raison de critères raciaux vers des cas de discrimination sur base de critères religieux, ajoute Michael François. C’est un fait, le racisme s’exprime aujourd’hui davantage par rapport à la culture et la religion, en place d’un racisme fondé sur la couleur de peau ou la nationalité. Ce sont surtout les personnes de confession musulmane qui sont touchées puisqu’elles représentent 9 dossiers sur 10."