Les élus francophones des six communes à facilités ont fait part, ce jeudi, des difficultés régulièrement rencontrées.

On le sait, les francophones qui vivent dans les communes à facilités reçoivent leurs documents administratifs en néerlandais et doivent suivre les conseils communaux dans la langue de Vondel. Une situation vécue comme une injustice par les mandataires DéFI de ces communes situées en Flandre mais constituées d’une majorité de francophones, qui ont déposé plainte au Conseil de l’Europe en mai 2015. "Cette situation engendre un manque d’implication des élus et habitants francophones dans les prises de décisions" , s’exclame Sophie Rohonyi, présidente de DéFI périphérie.

C’est pour analyser la plainte et comprendre la réalité du terrain que deux représentants du Congrès des pouvoirs locaux du Conseil de l’Europe, un Suisse et un Suédois, ont réalisé, ce jeudi, une mission d’information sous forme d’auditions des acteurs locaux. Ce jeudi, Damien Thiéry (MR), ex-bourgmestre de Linkebeek, a été auditionné, ainsi que les mandataires locaux DéFI des communes à facilités de la périphérie bruxelloise.

Les deux représentants européens rédigeront un rapport qui sera présenté en juin prochain . "Ils s’intéressent au travail quotidien des élus francophones des communes à facilités et à la possibilité pour les citoyens de participer aux activités de la vie politique locale, explique Sophie Rohonyi. Nous avons cité des exemples très concrets auxquels nous sommes confrontés, que ce soit au niveau de l’élaboration exclusivement en néerlandais des ordres du jour des conseils communaux et de CPAS et de l’élaboration de décisions cruciales comme les plans de mobilité ou d’aménagement du territoire. Des dossiers techniques qui impactent directement les citoyens francophones, mais qui ne les comprennent pas spécialement !"

Une situation "inacceptable", selon la présidente de DéFI périphérie, qui souligne également que "la minorité néerlandophone en Région bruxelloise est mieux traitée que la majorité francophone en Région flamande et cette situation paradoxale a des conséquences directes sur les habitants."

En résumé , les plaignants francophones parlent de discrimination et considèrent comme une "atteinte à la charte sur le respect de l’autonomie locale et à leur fonction de représentation des habitants francophones majoritaires dans ces communes, le fait qu’ils ne peuvent toujours pas s’exprimer en français dans les processus de décisions à l’échelon local", conclut Sophie Rohonyi.

La mission des deux émissaires se poursuit ce vendredi avec l’audition, notamment, de la ministre N-VA Liesbeth Homans.