Bruxelles Quatre mois après l’ouverture du bureau d’accueil de la Ville de Bruxelles, seuls 30 primo-arrivants suivent des cours de français.

Quatre mois après son inauguration en grande pompe par sa présidente, l’échevine bruxelloise de l’Instruction publique Faouzia Hariche (PS), le bureau d’accueil francophone pour primo-arrivants Bapa Bxl a permis à 50 personnes de recevoir, durant près de dix heures, des cours sur leurs droits et leurs devoirs. Parmi ces primo-arrivants, 30 ont ensuite entamé la deuxième partie de leur parcours, laquelle consiste en 50 heures de cours à la citoyenneté et des cours de français. Des chiffres relativement faibles au regard de l’objectif initial de 2.000 personnes à accueillir chaque année.

"Depuis l’inauguration, 302 personnes se sont présentées chez nous. Près de 190 sont occupées à faire le volet primaire, qui comporte l’accueil, le bilan social, le bilan linguistique et 10 h de cours sur les droits et les devoirs. Par ailleurs, 20 ont fini ce volet primaire et sont dans une période de transition, tandis que 30 autres ont entamé le volet secondaire. Il y a alors pour elles 50 heures sur la citoyenneté et les cours de français ou d’alphabétisation", explique ainsi Christelle Sermon, directrice de Bapa Bxl, selon laquelle l’association a besoin de temps pour être à 100 % opérationnelle.

Du côté du 2e bureau d’accueil francophone de la capitale pour primo-arrivants, l’association Via installée à Schaerbeek et Molenbeek, inauguré en mars dernier, 900 primo-arrivants ont au total entamé leur parcours. "Il y a 58 % d’hommes et 42 % de femmes. La moitié vient de Syrie et d’Irak, 15 % du Maghreb, 8,5 % d’Afrique de l’Ouest, tandis que le reste vient d’un peu partout. Près de 550 ont fini le volet primaire et ont entamé le volet secondaire", explique son président, l’échevin schaerbeekois de la Cohésion sociale Vincent Vanhalewyn (Écolo). "On est très content ! On a une nouvelle structure qui a dû se roder et se faire connaître. La manière dont on est financé permet de bien travailler", s’est-il encore félicité.

Pour financer l’ouverture des deux associations, qui disposent ensemble d’une capacité d’accueil de 4.000 personnes par an, à raison de 2.000 par ASBL, la Cocof débourse ainsi trois millions d’euros par an. Une somme que se répartissent équitablement les deux ASBL et qui a donc permis la mise en place du parcours d’intégration bruxellois francophone, lequel vise les personnes arrivées en Belgique depuis moins de trois ans et disposant d’un titre de séjour de plus de trois mois.

Si le nombre de primo-arrivants du côté francophone est actuellement très inférieur aux objectifs fixés par la Cocof, les bureaux bruxellois financés par la Région flamande (Bon) ne peuvent, de leur côté, quasiment pas répondre à la demande. Plus de 3.200 primo-arrivants ont ainsi entamé en 2016 leur premier module au sein de la structure flamande, laquelle possède initialement une capacité de 3.000 personnes par an.

Si un site Internet n’est qu’un des moyens de toucher un public cible qui ne parle généralement pas français, force est de constater que l’association flamande s’est donnée davantage de chances. Son site Internet est ainsi disponible en pas moins de 12 langues, dont l’arabe, le tibétain et le Pashto (NDLR : parlé en Afghanistan). Du côté francophone, les sites sont exclusivement en français, celui de Bapa Bxl étant limité à une page indiquant un numéro de téléphone, une adresse et des horaires d’ouverture.

Dès cette année, le parcours d’intégration devrait devenir, cette année, obligatoire. Une ordonnance en ce sens devrait être votée d’ici peu au Parlement bruxellois.