Des matelas, des vieux ordinateurs, des disquettes amassées sur un trottoir, Avenue Richard Neybergh à Laeken. Une feuille est collée avec le nom de l'habitant et le jour du passage. Les employés du service Propreté de la Ville de Bruxelles passent et récupèrent ces encombrants dans leur camion déjà rempli par une tournée commencée aux aurores. Le tout nouveau service de Bruxelles-Ville ressemble en tout points au service régional de Bruxelles Propreté mais il est réservé aux habitants de Bruxelles (1000, 1020, 1120, 1130, NDLR). 
 
"Les délais pour obtenir un rendez-vous sont plus courts, précise Nordin El Bourkabouti, responsable de la Cellule Médiation du service propreté. Lorsque vous appelez pour prendre un rendez-vous au numéro gratuit 0800/90107, le délai est d'une semaine. Nos équipes tournent tous les jours du lundi au vendredi et respectent un planning. Le lundi, ils se déplacent au Pentagone, mardi à Laeken, mercredi à Haren, jeudi à Neder-Over-Heembeek et vendredi dans le quartier Louise, Bois de la Cambre. Nous donnons 20 rendez-vous par jour. C'est notre maximum mais pour l'instant nous ne les atteignons pas tout à fait. En discutant avec les gens, nous nous sommes rendus compte que c'était un réel besoin".    
Ce service d'enlèvement à domicile du service propreté de la Ville de Bruxelles est en fonctionnement depuis le 12 avril. "Chaque famille a le droit à 2m³ de dépôts par an. Lors de la prise de rendez-vous ils donnent leur numéro national, explique l'échevine de la propreté Zoubida Jellab (Ecolo). Il y a un suivi". Le service a été mis en place pour "lutter contre les dépôts clandestins". "En 2020, 2 000 tonnes de déchets dans les rues ont été collectés, poursuit l'édile. Les gens vivent souvent dans des appartements exigus et souhaitent faire de la place mais ce n'est pas toujours évident de faire la démarche. 60% des Bruxelles-villois ne sont pas motorisés". 
Ce service a dépanné Béatrice ce mardi matin. "Je suis assistante familiale pour un monsieur gravement malade. Avec mes collègues de la maison familiale, nous nous sommes décidées à faire un peu le tri dans ses affaires. Nous ne sommes pas motorisées alors ce service est bien pratique". Ce mardi matin en plus du dépôt du monsieur malade, l'équipe du service propreté a ramassé un dépôt clandestin quelques mètres plus haut. "Nous avons verbalisé", précise Nordin El Bourkabouti. 
Le service d'enlèvement à domicile sera évalué dans six mois. "Le temps que tout le monde le connaisse", explique Zoubida Jellab. L'échevine Ecolo souhaite aller plus loin. "L'idée serait de trier et recycler tous ces déchets. On ne peut pas se permettre de tout brûler. On aimerait récupérer un max de ressources issues de ces encombrants".
Ahmed a l'œil sur les dépôts clandestins
© DEMOULIN BERNARD

Dans les rues de Bruxelles, en plus des camions qui tournent pour récupérer les déchets à domicile, les agents du service propreté sont dans les rues avec leur aspirateur. Ahmed Samadi, 57 ans, officie dans la rue Neybergh et la rue Léopold I depuis neuf ans. "Je suis là tous les jours de 6h30 à 10h. Je vois les dépôts clandestins dans les rues. On jette tout ce qu'on peut jeter : des matelas, du bois, des appareils, des meubles tout. Les gens jettent n'importe quoi, n'importe où. Ce ne sont pas des habitants de la rue qui font ça. Ils viennent d'ailleurs mais je les vois jamais. Ils déposent leurs encombrants quand il fait nuit. Ici, les gens sont plutôt respectueux des normes". "Lorsqu'un dépôt est signalé, un camion vient le récupérer, précise l'échevine de la propreté. Notre objectif est de sortir le plus vite possible le dépôt de la rue. Pour un auteur, ce sont 1 000 riverains qui subissent. Nous verbalisons et les taxes s'élèvent à 500 euros le m³ entamé".