Vingtième bougie cette année pour le "Service Fédéral de Médiation" de l’aéroport de Bruxelles-National, situé à Zaventem. Un organisme chargé de collecter et traiter les plaintes des riverains de l’aéroport.

En deux décennies, le médiateur a reçu pas moins de… 14 millions de plaintes. "Il y a des infractions toutes les nuits, et on ne les poursuit pas", dénonce Philippe Touwaide, le directeur du service de médiation, qui cite notamment le cas d’avions bruyants de type Boeing 777 volant la nuit malgré l’interdiction.

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Le Nord de Bruxelles, Waterloo et Braine

En 2021, plus de 22.000 plaintes ont été enregistrées via les différents canaux de communication. La plus grosse partie des plaintes concerne des dérangements nocturnes. En fonction des années, au gré des vents, le volume de réclamations varie fortement, ainsi que les lieux les plus impactés.

Selon le médiateur, les localités bruxelloises les plus survolées se situent principalement au nord de la ville-région : Haren, Neder-over-Heembeek, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre, Ganshoren, Berchem, Jette, Laeken et Evere. Le sud-ouest semble quant à lui plus épargné (à l'exception d'Auderghem).

Dans le Brabant Wallon pourtant, ce sont surtout Waterloo, Braine-l’Alleud et Lasne qui subissent les survols. Au niveau du Vlaamse Rand, pâtissent principalement les localités à proximité de l’aéroport, à savoir Diegem (Machelen), Kraainem, Sterrebeek (Zaventem), Wezembeek-Oppem ou encore Steenokkerzeel. Et chose étonnante… "une des localités les moins survolées autour de l’aéroport est Zaventem-village".

La fin des vols de nuit réclamée

À l’occasion de son 20e anniversaire, le service de médiation, en accord avec des associations de terrains, a proposé 30 mesures pour diminuer les nuisances.

Sans détour, le médiateur plaide pour la "fin progressive de tous les vols pendant la nuit", à savoir entre 22h et 7h. "Si on pouvait offrir à chaque riverain 9 heures de tranquillité, les problèmes de jour seraient également aisément résolus. Aucune loi économique n'impose des vols de nuit." Mais outre les horaires, le médiateur plaide pour un contrôle plus strict. "En tant que gardien du droit, le médiateur ne peut tolérer que des lois soient violées et que des jugements ne soient pas respectés", dénonce Philippe Touwaide.

Sont entre autres aussi réclamés la limitation des vols de jours, l’achèvement du mur anti-bruit, la création d’un cadastre du bruit, la diminution des limites de niveaux de bruit et la diminution du tonnage des avions.

Une LEZ : Low Emission Zaventem

À l’instar de la LEZ bruxelloise (zone de basse émission bannissant les véhicules les plus polluants), le médiateur demande l’instauration d’une LEZ aérienne : "Low Emission Zaventem". Une mesure qui permettrait de bannir les avions bruyants et polluants, causant le plus de désagréments.

"Les Bruxellois ont dû s’adapter et parfois changer de véhicule. Pourquoi rien n’est fait au niveau aérien ?"

Mais au vu des délais et du nombre grandissant de plaintes sans résultats tangibles se pose la question de la véritable possibilité d’évolution du dossier… S'il regrette un manque de signaux encourageants des nouvelles majorités, le médiateur indique pourtant y croire. "Il faut simplement un peu de courage dans ce dossier. Je demande qu’on arrive à un compromis entre l’environnement, la santé et l’économie."