Pourquoi l'arrêt du projet du Métro 3 n'est pas "économiquement pas réaliste"

Stopper le chantier du Métro 3 coûterait près d'un demi-milliard d'euros, a estimé le député bruxellois David Weytsman (MR), sur base des réponses délivrées par la ministre en charge de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen).

M. L.
Pourquoi l'arrêt du projet du Métro 3 n'est pas "économiquement pas réaliste"
©MARIE RUSSILLO

Stopper le chantier du Métro 3 coûterait près d'un demi-milliard d'euros, a estimé le député bruxellois David Weytsman (MR), sur base des réponses délivrées par la ministre en charge de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen).

Dans sa réponse, la ministre a refusé de s'engager sur un montant précis. Elle a néanmoins listé les différents coûts imputables à un renoncement du projet. "Le coût de renoncement du programme Nord-Albert correspondrait à la mise à l'arrêt de la plupart des marchés déjà engagés et attribués ainsi que ceux en cours d'exécution. Outre le fait que ces chantiers ne pourraient, en termes de mobilité et d'urbanisme, être laissés en l'état, la résiliation de ces marchés entraînerait le paiement d'indemnités très importantes aux adjudicataires", explique la Ganshorenoise.

"Le renoncement au projet Bordet-Nord impliquerait quant à lui la perte des montants déjà investis. Fin 2021, les dépenses déjà réalisées, principalement pour des frais d'études, correspondaient à 4 % du coût total du projet Bordet-Nord. Il est à noter que certains des investissements déjà réalisés au niveau de la gare du Nord pour l’extension Bordet-Nord sont directement liés et nécessaires à l’exploitation du tronçon Nord-Albert. Le coût du renoncement à la réalisation de l’extension Bordet-Nord deviendrait significatif et économiquement non réaliste dès l’attribution du marché pour les travaux de génie civil concernant le tunnel et les stations, prévue pour 2024."

"Supercherie intellectuelle et financière"

Le député libéral a sorti sa calculette, et fait les comptes. "Pour les montants engagés sur Bordet-Nord, la ministre nous explique que 62 millions d'euros ont été liquidés entre 2011 et 2021. Entre 2022 jusqu'à la fin 2024, les prévisions de liquidations se montent à 49 millions d'euros en 2022, 36 millions en 2023 et 57 millions en 2024. Pour ceux engagés dans Nord-Albert, 95 millions ont été effectivement liquidés entre 2015 et 2021. 75 le seront sur l'année 2022, 63 millions en 2023 et 95 millions d'euros en 2024." Le coût des études atteint quant à lui 62 millions d'euros : 45 pour Bordet-Nord, 17 pour Nord-Albert.

"Le calcul est simple. Renoncer au projet de métro aujourd'hui coûterait tout simplement les montants engagés jusqu'en 2022 pour les deux tronçons (282 millions d'euros), auxquels il faut ajouter les études (62 millions d'euros), les coûts de la remise en état là où les travaux ont été entamés et les coûts de dédommagements pour la résiliation. Nous ne sommes probablement pas très loin du demi-milliard d'euros. C'est colossal", commente David Weytsman, qui se demande comment les Ecolos peuvent encore plaider pour un arrêt de ce chantier car les coûts ne sont plus contrôlés.

"Le plan régional de mobilité prévoit une augmentation de 100 000 à 340 000 déplacements par jour sur le réseau de transports publics, tous opérateurs confondus, dans les prochaines années à Bruxelles. Renoncer au projet maintenant n'a donc aucun sens", poursuit le libéral, pour qui les sorties de "certains députés Ecolo annonçant publiquement que les projets du Métro 3 pourraient ne jamais voir le jour" sont de l'ordre de la "supercherie intellectuelle et financière".

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