Une nouvelle liaison ferroviaire vers le Port de Bruxelles : une bonne chose pour les Bruxellois, se réjouit le ministre Alain Maron

La précédente liaison entre Schaerbeek-Formation et le Port de Bruxelles avait dû être mise hors service pour des question juridico-judiciaires en janvier 2021.

Y. N.

Il y a quelques années, la liaison ferroviaire vers le Port de Bruxelles avait été le théâtre d'un véritable imbroglio juridico-judiciaire. Lequel avait débouché, il y a quelques mois sur le démantèlement des rails reliant le port de Bruxelles au site de Schaerbeek-Formation. Résultat des courses : plus aucun train de marchandises ne parvenait à joindre le port de la capitale, forçant tout le fret à être transporté soit par bateau, soit par camions. Une véritable ineptie environnementale dans une ville que l'on sait très attachée à la transition modale, dont les origines remontent à 2004.

A l'époque, le Fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF-FSI SA) avait été créé en 2004, sous la forme d’entreprise publique autonome puis sous forme de société anonyme en 2008, pour valoriser les terrains appartenant à la SNCB. Le Fif souhaitant vendre son terrain pour une valeur estimée de 40 millions d'euros, il lui fallait respecter un arrêté royal de 2004 qui imposait à Infrabel de démanteler 900 mètres de rail, sous peine d'astreintes annuelles fixées à 7 millions d'euros, avant le 31 décembre 2020.

Problème, cette portion de rails constituait la seule liaison entre les chemins de fer et le Port de Bruxelles. En d'autres termes, supprimer cette portion de voies revenait à condamner le Port de Bruxelles à évacuer ses marchandises via l'eau - via le canal - ou le trafic routier. Le Port de Bruxelles avait finalement assigné Infrabel en justice en octobre 2019 afin d’empêcher la mise hors service de ce raccordement.

Finalement, Infrabel a dû se plier à l'arrêté royal de 2004 et a procédé au démantèlement de ses rails. Et l'infrastructure a été mise hors exploitation le 1er janvier 2021.

En mars dernier cependant, le ministre bruxellois de l'Environnement en charge du Port bruxellois, Alain Maron, et son collègue du fédéral en charge de la Mobilité, Georges Gilkinet, avaient annoncé un scénario en concertation avec Infrabel et le Port de Bruxelles. Infrabel a proposé une solution technique visant à maintenir l'infrastructure, en modifiant un peu son tracé, actuellement parallèle l'avenue de Vilvorde, afin de rassembler la voie de desserte et l'actuelle ligne 25N, permettant ainsi de désenclaver le site de Schaerbeek-Formation. Et la Cour de Justice de l'UE a validé, en juin, le plan que le gouvernement bruxellois a élaboré avec le Fédéral, Infrabel et la direction du port, pour sauver la desserte via un tracé légèrement modifié.

Ce lundi, le ministre bruxellois de l'Environnement, Alain Maron, s'est réjoui de cette décison. "Historiquement, il y avait une voie de chemin de fer qui connectait le réseau de la SNCB au canal et à la voirie du Port de Bruxelles, confie le ministre. Cette voie, pour des raisons historiques, juridiques, a dû être démantelée. Mais nous sommes en dialogue important, mon cabinet, le Port de Bruxelles et les autorités fédérales, pour rétablir cette connexion ferroviaire qui est stratégique et indispensable pour les entreprises du Port de Bruxelles. Lesquelles demandent de plus en plus cette liaison ferroviaire puisqu'on va utiliser de plus en plus le train et de moins en moins la route pour transporter les marchandises. Il y a un accord, et Infrabel a bel et bien prévu la reconnexion de ce réseau modernisé, au foncier du Port et au canal. Ca deviendra une réalité dans quelques années. Une nouvelle connexion ferroviaire avec une nouvelle voie, plus moderne, plus sûre, plus sécurisée, mieux localisée sera installée."

Une nouvelle connexion qui doit participer au désengorgement de la capitale. "On doit passer de 12 à 20% de la part modale du train sur le transport de marchandises, pour l'ensemble de la Belgique mais aussi à Bruxelles. Pour le moment, ce sont les poids lourds qui font l'essentiel. On doit diminuer le nombre de poids lourds qui circulent sur le ring, aux alentours de Bruxelles mais sur les autoroutes en général et même dans le coeur des villes, en utilisant de plus en plus le train, le bateau ou des modes de transport alternatifs (vélo cargos,...). Ce type d'investissement va clairement dans cette direction."

Ce qui permettra, au final, de permettre à la SNCB d'augmenter la capacité du trafic voyageurs, et là aussi de désengorger Bruxelles. "Si l'on regarde globalement les investissement d'Infrabel à Bruxelles, ça renforce la capacité de transporter les marchandises sans nuire au transport de voyageurs qui lui aussi est en augmentation. Les sillons sont de plus en plus utilisés par les trains de voyageurs. Il y a moins de places pour les trains de marchandises. Donc, il faut réinvestir pour refaire de la place pour les trains de marchandises. Et c'est ce que fait Infrabel aujourd'hui à l'est et à l'ouest de Bruxelles."

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