Bilmo ne veut pas rester à la remorque

Bilmo conçoit des remorques à vélo pour les pros de la logistique. Mais aussi des râteliers sur roues pour les communes ou les indépendants. La start-up bruxelloise développe un tracteur vélo maison pour les plus grosses charges. 

Julien Rensonnet
Bilmo ne veut pas rester à la remorque
©Julien Rensonnet

"On fait passer la camionnette électrique comme LA solution pour la logistique urbaine, mais elle n’apporte aucun gain de productivité. Elle est bien plus chère que le vélocargo. Qui lui, accède à toutes les zones de la ville. Même piétonnes".

Jean-Baptiste Goetgheluck et Pierre Stevens sont designers industriels. Leur jeune entreprise, Bilmo, fabrique des remorques de vélocargos. Basés au Recy-K, à Anderlecht, ils ont remporté le prix Greenlab 2022, le programme d’accélération de start-up durables de hub.brussels, l’agence bruxelloise pour l’accompagnement de l’entreprise. "C’est un secteur en grosse évolution. De nouvelles remorques et de nouvelles motorisations apparaissent sans cesse", reconnaît Jean-Baptiste Goetgheluck. "Mais c’est aussi une solution… du passé: autrefois, les cargos et triporteurs traversaient les villes".

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De 60 à 200 kilos, puis plus encore

L'offre de Bilmo repose sur 3 modèles. L'idée est de standardiser des remorques "adaptables". "Au départ, on faisait du sur-mesure, des aménagements de cargos pour les professionnels de la logistique", explique le duo. "On se rend compte qu'une ou deux remorques basiques et une gamme d'accessoires couvrent les besoins de nombreux secteurs. Et cette standardisation nous permet d'être compétitifs". La gamme Bilmo se compose ainsi d'un modèle S (dès 800€) qui transporte 60 kilos, "comme un diable", et d'un modèle M (dès 2500€) pour 200 kilos "soit un transpalette". "Notre vélocargo L est en développement". L'ambition est de lui donner une autonomie de 100km et le ventre d'une camionnette. La barre est à 300 kilos. "On le dote de notre propre vélo tracteur".

Bilmo ne veut pas rester à la remorque
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Bilmo espère lancer son catalogue standard "début 2023". Mais les premiers clients sont déjà livrés "en test". Ainsi, le service propreté de la commune de Jette s’est vu doté d’une remorque S enrichie d’un râtelier métallique où loger balai, pelle et poubelle. Ce petit chef-d’œuvre épargne au service voirie de transbahuter son matériel en camionnette en multipliant les stops, et donne davantage d’autonomie à son personnel. "Pour Vivaqua, on a développé un véritable coffre à outils sur roues pour la maintenance des bornes incendie". L’une des remorques Bilmo est utilisée "intensivement"en Soignes pour l’entretien écologique de la forêt.

Batterie sans soudure

Le look des remorques, "bien sûr", doit être séduisant pour ces designers. "Mais nous sommes surtout attentifs aux facilités d'usage", note Pierre Stevens. "La facilité d'assemblage et désassemblage en atelier, l'ergonomie, l'équilibre des coûts de production". Les remorques Bilmo sont compatibles avec les palettes, ce qui est fondamental pour les pros de la logistique. "Et elle passe toujours les portes". Rayon durabilité, Bilmo développe avec ses voisins de Daurema "une batterie sans soudure qui soit réparable".

Bilmo ne veut pas rester à la remorque
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Selon ces experts, le secteur de la logistique embraye aujourd’hui un boom du vélo observé chez les particuliers depuis une dizaine d’années. "J’étais à Strasbourg cet été. Rien qu’en prenant un café en terrasse, j’ai vu 4 entreprises différentes en selle sur vélocargo", se souvient Jean-Baptiste Goetgheluck. Pierre Stevens embraye: "le changement s’amorce dans Bruxelles. On le voit dans l’infrastructure, le tout récent plan de circulation du Pentagone". Dès lors, "les logisticiens classiques commencent à envisager le vélocargo au même titre que les bateaux, camions et camionnettes. Ils se rendent compte que la camionnette se transporte surtout elle-même alors que le vélo transporte bien plus que son poids", relaye Goetgheluck. "Mais nous ne sommes pas encore au niveau des Pays-Bas où de nombreux acteurs se spécialisent dans la livraison de colis en zone urbaine. À Bruxelles, Urbike démontre à plein d’entreprises que livrer de gros volumes est possible: le vélo est superefficient pour de nombreux arrêts".

Stevens: "la motorisation reste une contrainte. Tracter 200 kilos, c’est toujours difficile. Le client ne satisfait pas encore toujours ses besoins. Or, la livraison sur le dernier km est très compétitive". Pour convaincre les réticents, le puissant cargo de Bilmo aura un atout: avec ses côtes, "Bruxelles est un excellent terrain de jeu. Même si c’est pas encore Lausanne".

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