De 1,80€/km à 2,30€/km pour une course sans réservation : voici les nouveaux prix des taxis à Bruxelles

Le plan taxi est définitivement validé par le gouvernement bruxellois et entrera en vigueur ce 21 octobre.

Ro.Ma.
De 1,80€/km à 2,30€/km pour une course sans réservation : voici les nouveaux prix des taxis à Bruxelles
©Belga

Fumée blanche à Bruxelles après des années d'imbroglio et de bataille juridique et politique. Bruxelles est désormais dotée d'un "plan taxi". Plusieurs mois après l'approbation de l'ordonnance-cadre par le Parlement bruxellois, les arrêtés d'exécution ont passé le filtre du Conseil d'État et viennent d'être approuvés "en troisième et dernière lecture" par l'exécutif de Rudi Vervoort (PS). Le nouveau cadre entre en vigueur ce 21 octobre.

Le numerus clausus, véritable pierre d'achoppement du dossier, est désormais fixé à 3.250 taxis : 1.425 "taxis de station" (nouvelle appellation pour les taxis traditionnels) et 1.825 pour les "taxis de rue" (les chauffeurs d'application comme Uber, Bolt et Heetch, anciennement appelés LVC). Ce numerus clausus fera "l'objet d'une évaluation tous les deux ans et pour la première fois en 2025".

Les prix augmentent

Grand changement de cette réforme : le système de tarification, qui vient d'être fortement modifié. Pour les courses sans réservation, la facture augmente. Le tarif kilométrique, autrefois de 1,80€/km, passe à 2,30€/km. Le "tarif II" (plus onéreux, autrefois à 2,70€/km, pour les courses au-delà des 19 communes) est aboli. La prise en charge (frais fixe) passe de 2,40€ à 2,60€, l'attente de 0,50€/min à 0,60€/min. Le supplément de 2€ pour une course de nuit reste d'application et le prix minimum d'un trajet est de 8€.

Pour les courses avec réservation au préalable, pas de tarifs fixes, mais des fourchettes, avec des prix minimaux et maximaux. Fini donc les courses LVC à des prix exorbitants au milieu de la nuit. Les sociétés de transport peuvent faire varier les prix en fonction de la demande, mais ces augmentations sont désormais encadrées. "Le prix maximum sera plafonné à 200% du prix minimum afin de lutter contre toute tarification abusive en défaveur des usagers", indique le cabinet de Rudi Vervoort. Le prix au kilomètre pour une course réservée pourra donc varier entre 1,5 et 3€, l'heure d'attente entre 0,4€ à 0,8€, la prise en charge entre 1,5€ et 3€. Le prix minimum de la course est ici aussi fixé à 8€.

"Les montants des tarifs taxis suivront l'évolution de l'indice des prix à la consommation ; cette indexation sera effectuée à partir du 1er janvier 2024." Les véhicules de cérémonie et les "taxis de rue Grand Luxe", disposent de leur propre numerus clausus et de leur propre tarification.

Un statut commun

L'ordonnance votée en juin prévoit pour rappel un statut commun pour les chauffeurs, un socle commun. L'exécutif assure que le parcours de qualification "a été allégé et adapté afin de répondre à la pénurie des chauffeurs et aux exigences de qualité et de sécurité requises pour le métier". C'était une demande du secteur des LVC : les chauffeurs pouvant attester une expérience d'au minimum 2 ans pourront maintenant obtenir leur "certificat de capacité professionnelle" sans passer d'examens.

Autre nouveauté : les intermédiaires de réservation doivent obligatoirement bénéficier d'un agrément. Tous secteurs confondus, la durée d'exploitation des autorisations est désormais de 7 ans.

"Colère et incompréhension"

Concessions par-ci, concessions par-là. Le compromis à la belge de Rudi Vervoort apparaît comme buvable, ne satisfait pleinement ni les chauffeurs d'application, ni les chauffeurs de taxi bruxellois.

"Colère et incompréhension sont les sentiments qui dominent dans le secteur", dénonce Sam Bouchal, porte-parole de la Fédération bruxelloise du taxi. C'est le numerus clausus qui cristallise les crispations : " Ce numerus clausus rend le métier invivable et va mettre des chauffeurs de taxi dans la précarité. On multiplie par 3 le nombre de véhicules et on dit : on verra après. Ce n'est pas une bonne gestion. Il est plus facile d'ajouter des licences que d'en retirer. Car comment et à qui les retirer?"

Côté prix en revanche, la fédération des taxis salue la revalorisation. "Depuis 2013, les prix n'avaient pas changé. Or tout a augmenté terriblement: l'essence, les salaires, les véhicules… On était également demandeur de la suppression du tarif II."

Son de cloche fondamentalement différent chez les chauffeurs d'application. Le numerus clausus est, au contraire, vu comme trop bas. "On avait demandé 2.350 taxis de rue", nous indique Fernando Redondo, de l'Association Belge des Chauffeurs de Limousine, fédération représentant les chauffeurs LVC. "Mais, c'est déjà ça. C'est un premier pas."

Un autre élément suscite cependant une profonde ire : le plafond de prix. "On est fâché. Il n'y a pas de raison de limiter si le client accepte de payer le prix."

Notons - effet déjà visible de la nouvelle réforme bruxelloise - que le géant Uber a désormais ouvert sa plate-forme aux chauffeurs de "taxis traditionnels", comme Bolt avait fait avant lui. Une pratique vertement dénoncée par la fédération des taxis, évoquant une "honte".

Bref, si Bruxelles a enfin accouché de son tant attendu "plan taxi", loin semble encore l'apaisement entre taxis et LVC… oups, entre "taxis de station" et "taxis de rue", comme le veut la nouvelle terminologie bruxelloise.

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