A partir du 1er janvier, 85 % des voiries bruxelloises seront placées en zone 30, contre 60 % actuellement. Pour ce faire, la Région a débloqué un budget de 7,5 millions d'euros qui va permettre de procéder aux travaux d’infrastructure pour limiter la vitesse.

Dans cette enveloppe, trois millions d’euros de subsides sont octroyés aux communes pour réaliser des travaux d’infrastructure (petits aménagements, marquage au sol, ralentisseurs, etc.) Deux millions d’euros sont également débloqués pour permettre aux communes de résoudre les zones à forte concentration d’accident sur les voiries communales.

Concrètement, le plan GoodMove prévoit qu’une voirie peut être maintenue à 50 km/h si les traversées sont sécurisées avec des trottoirs suffisamment larges, la présence d’une piste cyclable séparée ou marquée au sol, et si la voirie n’est pas recensée dans les Zacas (zones à concentration d’accidents).

Le choix de la zone 30 est quant à lui privilégié si la voirie comporte des traversées piétonnes multiples, des trottoirs étroits, une absence de piste cyclable, la présence d’écoles, d'une zone commerçante ou d’une place publique. Les Zacas sont systématiquement limitées à 30 km/h.

"Nous allons enlever tous les panneaux 30 de la capitale car la zone 30 devient la norme", explique Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité. "Nous allons également placer des panneaux aux entrées de ville pour rappeler la règle. Des panneaux 50 et 70 km/h seront installés pour les voiries structurantes. Le projet prendra davantage d'envergure au cours des prochaines années, à travers, précisément les adaptations physiques de l'espace public par "mailles" (quartiers) à raison de cinq mailles par an pendant dix ans."

Concernant le contrôle des limitations de vitesse, on ignore pour l’heure si une période de tolérance sera octroyée aux automobilistes, à l’instar de ce qui se fait pour la zone de basses émissions. "Une coordination doit être organisée entre les zones de police pour établir une stratégie", explique-t-on du côté du cabinet de la ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen).

Hormis les 60 radars déjà commandés pour contrôler les limitations de vitesse, la Région va s’équipe de 250 radars préventifs supplémentaires, qui indiquent la vitesse mais qui ne flashent pas. "100 radars préventifs sont prévus chez Bruxelles Mobilité et 12 communes participent à un marché stock pour 150 radars préventifs dans les prochaines années", précise-t-on du côté du cabinet Van den Brandt.

Au niveau répressif, trois nouveaux radars-tronçons seront installés et les zones de police peuvent se partager les sept lidars.

A Schaerbeek, la zone 30 est déjà en vigueur depuis le mois de septembre 2018. Depuis lors, les policiers ont procédé à 31 saisies administratives de véhicules de chauffards pour une durée de cinq jours. Un effort supplémentaire est également consenti dans le déploiement des brigades cyclistes.