Cela s’expliquerait entre autres par de mauvais encodages.

À Bruxelles, les outils pour déclarer un accident à vélo n’impliquant que soi sont rares. C’est ce que dénonce l’ASBL Gracq depuis longtemps en mettant en place des baromètres des incidents. “Ce sont dans la plupart des cas des accidents mineurs mais dont il faut tenir compte, car il y a souvent une cause externe qui explique l’incident. Cela peut être une infrastructure défaillante, une mauvaise signalisation ou encore un pavé glissant”, explique Florine Cuignet, membre du Gracq. “Une situation qui revient aussi souvent, c’est celle d’un cycliste qui tombe car on lui refuse sa priorité. Souvent il y a dans ce cas un délit de fuite, mais le cycliste ne peut pas porter plainte à la police.”

Mardi dernier, le député MR David Weytsman a d’ailleurs interrogé la ministre de la Mobilité Elke Van Den Brandt (Groen) concernant les accidents de vélo à Bruxelles. Pour l’élu libéral, les chiffres avancés officiellement ne reflètent pas le nombre d’accidents et de blessés réels.

“Les chiffres officiels, basés sur les PV’s de la police fédérale et des zones de police locale, montrent que le nombre de blessés, suite à un accident de vélo en région de Bruxelles-capitale, a augmenté de 43 % au cours du premier trimestre 2019 par rapport à 2018 (contre + 20 % pour la Belgique). Le dernier rapport de VIAS, couvrant les 9 premiers mois de l’année 2019, confirme cette tendance. Il énonce que c’est pour les cyclistes que le nombre d’accidents a le plus augmenté. Bruxelles bat un triste record avec 21 % d’augmentation, alors qu’au niveau national, l’augmentation n’est que de 3,5 %”, précise David Weytsman qui rajoute que “VIAS reconnaît que ce pourcentage très préoccupant est bien en deçà de la réalité car il ne tient pas compte de ce qu’il appelle le “dark number” qui est le nombre considérable d’accidents corporels non-enregistrés et ne faisant pas l’objet d’un PV. Une partie de ces accidents sont par ailleurs constatés par le Gracq.”

Dans sa réponse, la ministre reconnaît que les chiffres ne correspondent pas toujours à la réalité. “Ce sous-enregistrement concerne non seulement les cyclistes et les piétons, mais aussi les utilisateurs de nouveaux engins de déplacement”, précise-t-elle. “Il peut s’agir du caractère inadapté des formulaires d’accidents ou d’un problème d’encodage.”

Par ailleurs, Elke Van den Brandt reconnaît la pertinence des baromètres rédigés par le Gracq. “Même si cet inventaire ne fait pas l’objet d’un échange systématique, des contacts existent entre l’administration et les organisations cyclistes.”

La ministre rappelle enfin que l’étude Ping if you care ! et l’application Fix My Street permettent aux usagers d’identifier les situations ressenties comme étant dangereuses.