La pluie diluvienne de ce jeudi n’a pas découragé Amine. "On tient bon. On n’a pas le choix", soupire le Drogenbosois de 43 ans, qui s'abrite dans un véhicule au moment où il pleut des cordes. Depuis lundi, ce chauffeur, salarié pour un indépendant LVC, campe sur un des parkings de l’Arsenal avec sa tente devant le siège de la société Uber.

Lui et la quinzaine de confrères venus en soutien dénoncent une "concurrence déloyale" entre chauffeurs avec licences flamandes et wallonnes, et ceux avec une licence bruxelloise. "Les Flamands peuvent prendre des courses à Bruxelles. Mais, les Bruxellois n’ont pas le droit de charger des personnes en Flandre, et notamment à l’aéroport de Zaventem."

© Archives - D.R.

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Une rencontre a eu lieu avec la société californienne. "Ça n’a servi à rien. Ils annoncent une table ronde. Mais on veut des solutions concrètes", avertit le chauffeur. "La réglementation permet aux 2 000 chauffeurs LVC de travailler à Bruxelles et nous nous y conformons. Nous continuerons à travailler avec les gouvernements régionaux et tous les acteurs du secteur pour garantir une réglementation claire et moderne", communique Uber de son côté.

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Rappelons toutefois que des saisies sont opérées par l'administration bruxelloise à l'encontre de chauffeurs LVC ayant des licences flamandes et wallonnes.

Pas d’expulsion

L’occupation se veut pacifique. Mais un événement a perturbé quelque peu la sérénité : la police a été appelée pour des voitures entravant l’accès au complexe. Une situation rapidement rentrée dans l’ordre.

"Tant qu’il n’y a pas de trouble à l’ordre public, ils peuvent rester là. Mais on suit la situation de près", assure le bourgmestre etterbeekois, Vincent De Wolf (MR).

Amine a reçu quelques renforts, et notamment une tente plus solide pour passer la nuit dans les conditions difficiles de grand vent. "On restera le temps qu’il faudra."