La fréquentation de la Stib a augmenté en 2019 mais a fortement chuté cette année en raison de la crise sanitaire.

La société de transport public bruxelloise a présenté son bilan 2019 ce mardi midi. "2019 a été une très belle année. Nos clients sont contents et ce fut une année record en termes de fréquentation et d'investissement", s'est réjoui le CEO de la Stib Brieuc de Meeus. Le nombre de voyages est ainsi passé de 417,6 millions à 433,5 millions, soit une augmentation de 4%. "Cela confirme la tendance à la hausse de ces dernières années : en dix ans, la fréquentation a augmenté de plus de 50%."

Les usagers de la Stib semblent globalement satisfaits des services proposés puisqu'ils lui attribuent la note de 7,1/10. "Ce n'est pas encore un 8 ou un 9 mais c'est un chiffre dont on est assez fiers car c'est mieux que l'année dernière et que de plus en plus de clients disent utiliser la Stib par choix et non par obligation."

La société de transports publics bruxelloise a engagé 965 personnes l'année dernière dont 17,3% de femmes. "On est encore loin de la parité mais le nombre de nos collaboratrices augmente", a indiqué Brieuc de Meeus, précisant que la Stib prévoyait le recrutement de 922 personnes en 2020.

2019 a également été une année positive en termes d'investissements. 394 millions d'euros ont notamment permis à la Stib de mettre en oeuvre le Plan directeur bus, le prolongement de la ligne de tram 9, la commande de trams supplémentaires et la mise en service de véhicules hybrides.

Les conséquences de la crise

Si le bilan 2019 s'avère positif, celui de 2020 risque de l'être beaucoup moins. "L'année 2020 sera difficile car on a perdu un moment 90% de la fréquentation habituelle. Cela implique forcément une baisse de revenus, même s'il est encore trop tôt pour évaluer toutes les pertes dues à la crise. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'est pas question de faire de plan de restructuration : on a besoin de tout le monde pour continuer à rouler et servir la population."

Au début du confinement, à la mi-mars, la fréquentation de la Stib est descendue à 10% de la fréquentation habituelle. La semaine dernière, elle est remontée à 33% en sous-terrain et 37% en surface. "Ca remonte tout doucement, surtout le week-end. On a déjà vécu la même chose lors des attentats en mars 2016 mais les effets de cette désaffection risquent d'être plus longs cette fois-ci en raison de la nature de la crise. Je pense néanmoins qu'avec un peu de patience et en gardant la qualité de nos services, les gens vont revenir car le besoin est là", a relativisé Brieuc de Meeus.

Quant aux grands projets lancés par la Stib, ils seront retardés par la crise. "Beaucoup de projets sont lancés. Ils auront du retard mais ils se poursuivront. Cela concerne notamment les trois chantiers de métro (Albert, Toots Thielemans et gare du Nord) : leur exécution est impactée. On se remet tout doucement en phase de croisière et on est en train de mesurer l'impact de ce retard." Pour ce qui est du projet MaaS, une application qui regroupera tous les modes de transport en un seul service, il sera lancé dans les semaines à venir. "On a perdu une ou deux semaines à cause de la crise mais nos équipes sont rapidement passées en télétravail et ont donc pu poursuivre le développement du projet."

La gratuité des transports en commun ne pourra en revanche avoir lieu cette année. Le gouvernement bruxellois, qui l'a inscrite dans sa déclaration de majorité, n'a pas encore pris de décision à ce sujet.