Les députés de la majorité bruxelloise (PS-Écolo-DéFI-Groen-Open Vld-One. Brussels/Vooruit) annoncent le dépôt d’une proposition de résolution visant à installer des panneaux indicateurs podométriques dans les rues bruxelloises.

Des panneaux podométriques: qu’est-ce que c’est? " Ils ont pour objectif de renseigner le piéton sur sa position et son temps de parcours ", décrypte un communiqué diffusé par le groupe PS. " Ce médium permet de mieux réaliser les distances et les temps de marche". Selon les cosignataires du document, ces dispositifs pourraient pousser bruxellois, navetteurs et touristes à "effectuer à pied les trajets effectués jusqu’ici en transports en commun sur de courtes distances (une a` deux stations de métro, soit une petite dizaine de minutes environ) et, partant, de diminuer le nombre de voyageurs aux heures de pointe, désencombrant ainsi les réseaux de transport".

L’ambition part du constat qu’à Bruxelles, "les cheminements balisés ne permettent pas aux marcheurs de circuler sereinement et efficacement". D’où l’idée aussi de "rendre la signalisation piétonne claire et simple en arborant une charte graphique lisible, et rendre les itinéraires pédestres efficaces et confortables". Si les députés souhaitent que "la marche devienne un mode de déplacement comme les autres", c’est aussi pour faciliter la transition modale de la mobilité bruxelloise.

"En moins de 15 minutes"

"On parcourt le trajet entre la Gare Centrale et Arts-Loi en moins de 15 minutes. Idem entre le rond-point Louise et le centre-ville ", plaide Julien Uyttendaele (PS), à l’initiative de la proposition. Il est rejoint par Ingrid Parmentier (Écolo): " Marcher, c’est la priorité du principe STOP, qui recommande l’aménagement de l’espace public d’abord pour les piétons. Mais tout le monde ne connaît pas Bruxelles par cœur ". Marc Lowenstein (DéFI), ajoute qu’" au-delà de ces panneaux, nous resterons attentifs à l’état de nos trottoirs, notamment à l’attention des personnes à mobilité réduite".

Comme arguments, les élus pointent encore les enjeux sanitaires, environnementaux et sécuritaires. Ils accusent notamment les utilisateurs piétons de smartphones d’avoir "les yeux rivés sur leur téléphone, comportement accidentogène".

Bien entendu, il faudra veiller à ce que les panneaux ne s’ajoutent pas aux bornes électriques, parcmètres, panneaux routiers, mobiliers de supérette et autres trottinettes partagées pour enrayer la bonne marche des piétons. "Ils ne doivent pas constituer un obstacle supplémentaire pour les usagers mais être intégrés autant que possible dans le mobilier urbain existant".

Notons qu’un plan officieux du réseau STIB reprend déjà les distances de marche entre les différentes stations du réseau bruxellois de transport en commun, et que des panneaux podométriques ont déjà été installés par la Ville de Bruxelles dans son hypercentre, sur le piétonnier notamment.