La phase de test de circulation a démarré voici deux semaines dans le Bois de la Cambre, avec la mise à double sens de l’avenue de Diane entre le bout de l’avenue Louise et l’avenue De Fré. L’occasion d’une salve de questions à la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen), ce mardi en commission Mobilité du Parlement bruxellois.

Le gestionnaire du Bois de la Cambre est la Ville de Bruxelles mais le chef de groupe Défi Emmanuel De Bock a interrogé la ministre sur un certain nombre de points d’interrogation : "Nous partageons la finalité des modifications de l’usage à terme du Bois de la Cambre, afin qu’il ne soit plus un circuit automobile mais un parc. En revanche, sur les modalités de la mise en place du test actuellement à l’épreuve, force est de constater qu’on peut mieux faire pour éviter le report structurel prévisible sur les voiries voisines. Il faut accompagner le changement, pas l’imposer. Il y a une hypocrisie collective dans ce dossier : on nous invite à prendre plus de train mais personne n’a jugé bon d’écrire au ministre fédéral pour renforcer les cadences entre le Brabant Wallon et Bruxelles, pas même le MR qui gère la compétence depuis des années", explique le député ucclois. "On a six gares à Uccle, mais la majorité locale MR-Ecolo a maintenu les abords de ces gares payantes, décourageant leur accès. Les habitants et les commerçants sont les vraies victimes de la situation actuelle et de l’absence de solution de mobilité durable dans le sud de la Région."

La question de l'impact sur la vitesse commerciale du bus 41 a également été abordée par la députée Aurelie Czekalski, également conseillère communale MR à Uccle. "Le bus 41 gagne considérablement en temps grâce à la fermeture du Bois de Cambre au trafic automobile. Concernant la régularité de la ligne 41, selon le sens, seulement 26 à 38% de bus ont dépassé de plus d’une minute leur temps de parcours prévu en juillet pour relier les arrêts Brésil et Gendarmes de part et d’autre du Bois, alors qu’en juin, via la chaussée de la Hulpe, 55 à 75% des bus dépassaient de plus d’une minute leur temps de parcours prévu. La Stib est donc hautement favorable à un maintien du trajet actuel effectué par le bus 41 à travers le Bois de la Cambre, via la voie piétonne, avec une vitesse limitée afin de garantir une cohabitation sécurisée avec les modes actifs", a expliqué la ministre Elke Van den Brandt.

Une réponse qui laisse Emmanuel De Bock dubitatif. "Si on arrive à nous dire, à la seconde près, que le bus 41 gagne du temps grâce à sa mise en site propre dans le bois, on doit aussi être capable de nous dire combien de minutes il perd dans les embouteillages en amont et en aval de la chaussée de Waterloo. Il faut de la transparence, de la concertation locale, de la participation, et surtout de l’anticipation. Je suis convaincu qu’il est possible de co-construire un vrai projet autour du Bois sans opposer frontalement les uns aux autres et en évitant le chaos. A cet égard, l’action en justice de la commune d’Uccle illustre la tension qui existe entre deux visions radicales de la mobilité et l’échec de la concertation menée entre la Ville de Bruxelles et les communes voisines du Bois, ce qui plaide pour sa régionalisation", conclut-il.  "Point positif, la ministre a rappelé que si le test n’était pas concluant, on testera d’autres options."