Le recours à la police montée lors des incidents survenus au bois de la Cambre les 1 et 2 avril derniers a fait couler beaucoup d'encre et suscité l'indignation. Depuis lors, une pétition circule demandant d'arrêter d'utiliser les chevaux, mais également les chiens, lors des opérations de police.

© BAUWERAERTS DIDIER

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A l'heure d'écrire ces lignes, la pétition a recueilli plus de 25 000 signatures.

"Nous, signataires de cette pétition, demandons instamment aux autorités compétentes d’arrêter d’utiliser les chiens et les chevaux lors de leurs missions pour des raisons évidentes de bien-être animal. Les 1er et 2 avril derniers, lors des rassemblements au Bois de la Cambre à Bruxelles, 8 chevaux ont été blessés victimes de jets pétards et de bouteilles. 2 autres l’ont échappé belle, pris de panique ils sont rentrés seuls à la caserne avec les risques encourus dans la circulation en pleine ville", peut-on lire dans le descriptif de la pétition.

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"En plus d’être exposés aux projectiles lors des manifestations ils sont aussi exposés aux gaz lacrymogènes. Les forces de l’ordre disposent actuellement d’autres moyens performants que pour encore utiliser des êtres sentients", précise la pétition. "Les animaux ne sont pas des armes, ni des boucliers !"

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Suite au recours de la police montée lors de l’opération de dispersion, le porte-parole de la police fédérale Jonathan Pfund assurait, dans nos colonnes, que “la cavalerie n’est jamais en première ligne.” “L’intervention de la cavalerie ne se fait que sur base de conditions strictes à respecter. Les cavaliers ne sont jamais en première ligne lors d’incidents ou de manifestations. Ce n’est que lorsque les collègues policiers de la première ligne sont caillassés que les cavaliers réagissent”, nous précisait le porte-parole de la police fédérale, Jonathan Pfund. “La cavalerie est intervenue après plusieurs avertissements lancés par les policiers de première ligne. L’intervention des chevaux se fait toujours dans le respect de la proportionnalité des moyens engagés. Une gradation est mise en place pour l’utilisation des moyens, sur base de l’article 37 de la loi sur la fonction de police qui règle l’usage de la contrainte et des moyens utilisés.”

Mais dans les faits, la situation était toute autre. Les chevaux se sont retrouvés au milieu de la plaine, bien souvent isolés et ne semblaient parfois plus savoir où donner de la tête. Outre la femme qui s’est fait piétiner et dont la vidéo a fait le tour du web, nous avons assisté à d’autres incidents durant lesquels des chevaux ont bousculé des personnes présentes, dont un père de famille qui ne faisait rien de mal.

Preuve du chaos qui régnait en fin de semaine passée, deux chevaux se sont retrouvés en liberté dans la circulation vendredi soir. Nous les avons suivis, à vélo, du début à la fin. Ils connaissaient le chemin par cœur pour rejoindre les casernes d’Etterbeek. Ils ont emprunté les sens giratoires adéquats et se suivaient de manière ordonnée, en titubant légèrement à la fin. Ils ont a une seule reprise emprunté un sens unique, sur l'avenue du Deuxième Régiment de Lanciers.

Durant les 4,2 km parcourus, nous avons croisé une ambulance à un rond-point, mais à aucun moment nous n’avons vu de voiture de police. Nous nous sommes interposés afin de réduire la vitesse de circulation, en restant à distance des deux chevaux pour ne pas les faire paniquer davantage.

Dans une vidéo qui nous est parvenue, l’on constate qu’un premier policier semble avoir heurté un lampadaire dans l’avenue de l’Orée, entraînant un second cheval dans sa chute. C’est ensuite qu’ils ont pris la fuite jusqu’aux casernes.