Ces miroirs induiraient un faux sentiment de sécurité aux usagers et donc un comportement dangereux lié à une mauvaise estimation des distances par l'effet de déformation des images dans le miroir.

Les habitants de la copropriété M-Square, situé boulevard Louis Mettewie 96-100 à Molenbeek, ont récemment fait une demande pour l’installation d’un miroir de sécurité et pour l’installation de potelets. Leur bâtiment se situe le long du boulevard à hauteur d’une sinuosité, rendant la visibilité faible et l'entrée sur la chaussée dangereuse. "La visibilité de la route étant obstruée par les voitures et camions stationnés, les sorties des habitants de l’immeuble en deviennent dangereuses. Un miroir, installé au boulevard, rendrait les sorties de véhicules nettement plus sûres", explique la députée bruxelloise Françoise Schepmans (MR).

© DR

Mais dans un courriel datant du 6 janvier, Bruxelles Mobilité a expliqué que la Région bruxelloise allait systématiquement refuser d'installer ces miroirs. "C’est avec un grand étonnement que j'apprends cette décision", explique Françoise Schepmans.

Ce refus est justifié par le fait que la pose de ces miroirs induirait un comportement dangereux. "En cas de demande de remplacement, ou de placement, de miroirs, nous avons pour principe de refuser sauf si une analyse sur terrain démontre l'absolue nécessité de disposer d'un miroir pour manoeuvrer avec visibilité", explique Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité. "Sinon, en accord avec la police, on ne place plus de miroirs sur ces voiries car ils induisent un faux sentiment de sécurité aux usagers et, donc, un comportement dangereux lié à une mauvaise estimation des distances par l'effet de déformation des images dans le miroir."

La gestion de ces miroirs semble également poser problème. "En terme de gestion, c'est également ingérable pour nous de poser et entretenir ce type d'infrastructure à chaque sortie de parking, de garage commun, voire même de garage particulier", ajoute Camille Thiry.

Une réponse qui est loin de satisfaire Françoise Schepmans. "Autrement dit, l’administration trouverait plus sécurisant que les automobilistes pénètrent dans le boulevard quasiment à l’aveugle plutôt qu’en disposant d’un miroir qui offrirait une visibilité supplémentaire malgré les réticences formulées ? Réticences assez contestables d’ailleurs. Le miroir de sécurité reste utile dans certaines situations, notamment lors de sortie de parking dans la mesure où ce miroir apporte une information supplémentaire aux conducteurs. Par ailleurs, il existe plusieurs types de miroirs de sécurité qui doivent être choisis en fonction du nombre de directions à prendre en considération. Enfin, la buée par temps humide peut tout à fait être évitée par un type de miroir spécifique."

"Une analyse au cas par cas"

Pour Vias, l'institut belge de la sécurité routière, il convient d'analyser au cas par cas le placement de ces miroirs de sécurité. "Il y a deux types de miroirs : ceux qui sont placés devant des résidences d'où les riverains peinent à sortir, et d’autres dans des carrefours très dangereux où la situation est telle que sans miroir, cela devient très difficile au niveau de la circulation", explique Benoit Godart, porte-parole de Vias. "Le problème est que ces miroirs ne sont pas du tout esthétiques et donc forcément, si on multiplie les miroirs à la demande des riverains, je peux comprendre qu'à un moment donné, il y ait un ras-le-bol. Selon moi, ces miroirs doivent être installés en dernier recours, si toutes les autres solutions de sécurisation ont été analysées. Il faut donc voir au cas par cas car. Il y a des endroits où on ne peut pas s'en passer, mais je peux comprendre qu'on ne les généralise pas."