L'objectif : proposer un seul et même billet quel que soit l'opérateur choisi dans une zone de 11,5 km depuis la Grand-place de Bruxelles.

Voilà de nombreuses années déjà que la question de l’intégration tarifaire est mise en avant. L'objectif : proposer un seul et même billet quel que soit l'opérateur choisi dans une zone de 11,5 km depuis la Grand-place de Bruxelles.

Si la rationalisation des titres de transports des opérateurs publics doit paraître commune une évidence, sa concrétisation n’est pas encore au rendez-vous. Chaque opérateur public (STIB, De Lijn, TEC, SNCB) dispose de son propre système de paiement et finance toujours leur développement à coups de millions d’euros. Le député bruxellois Marc Loewenstein (Défi) y voit une gabegie de l’argent public qui pourrait être réinvesti au bénéfice des usagers.

"A une époque où nous nous devons de rationaliser et moderniser, le statu quo est inconcevable. Si les pouvoirs publics promeuvent, comme c’est repris dans les différentes déclarations de politique générale, un transfert modal, un changement des comportements en terme de mobilité, à eux de montrer l’exemple et d’imposer à la STIB, De Lijn, TEC et la SNCB de s’entendre sur des tarifs harmonisés et proposer une plateforme moderne facilitant la vie des usagers", déclare le député amarante.

En mars 2019, la commission Mobilité du Parlement bruxellois a auditionné les différents acteurs concernés par l’intégration tarifaire. Ce qui a pu en ressortir est que, si l’intégration est un objectif à atteindre, chaque opérateur prévoit de continuer à développer ses propres outils en espérant sans doute que, une fois développés et finalisés, les autres opérateurs s’y associeront. Et l’un des messages venant alors de la part de l’ancien directeur de BMC (gestionnaire de la carte Mobib), Pierre-Paul Bertieaux, et du président du comité de pilotage du RER, Jean-Pierre Hansen, c’était la nécessité d’avoir une autorité centrale au-dessus des sociétés de transports publics. "Cela se passe ainsi à Paris, à Londres ou encore aux Pays-Bas, pourquoi pas en Belgique et plus particulièrement dans la zone métropolitaine de Bruxelles ?", s’interroge Marc Loewenstein.

Selon lui, le transfert modal de la voiture privée vers un mode de transport public ou partagé ne se fera pas sans plus de confort, d’accessibilité et de facilité pour les usagers. "Nous devons concrétiser rapidement l’intégration tarifaire entre opérateurs de transports publics et associer les opérateurs privés au sein d’une plateforme commune. Les mentalités évoluent, les modes de consommation et la technologie aussi, on n’achète plus de CD, on ne loue plus de DVD, mais on s’abonne à Spotify et à Netflix, il faudrait faire pareil au niveau de la mobilité."

À Bruxelles et dans sa zone métropolitaine, malgré l’offre diversifiée, la vie des usagers des transports en commun est rendue particulièrement difficile par la multitude des titres de transport et d’abonnements des prestataires publics et privés. STIB, De Lijn, TEC, SNCB, Villo, Cambio, taxis, Uber, Carasap, Jump, trottinettes, Drive Now, Poppy, Ubeequo, Interparking, Q-Park, Parking.Brussels… "Il existe aujourd’hui presque autant de titres et d’abonnements que d’opérateurs. On ne peut que s’y perdre. L’urgence est à la simplification, la rationalisation et la modernisation. Nous devons instaurer une plateforme unique proposant une gamme de services diversifiée sans que l’usager n’ait à se soucier de ce qu’il doit payer et à qui", poursuit MarcLoewenstein.

Le député amarante déplore un manque de volonté politique et des opérateurs publics d’avancer dans ce dossier. Cette problématique s'est invitée en commission Mobilité du parlement bruxellois.

Dans sa réponse, la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van Den Brandt (Groen) a affirmé vouloir avancer au plus vite dans ce dossier. "La concertation avec les autres entités est primordiale et j'ai déjà eu des rencontres à ce sujet avec mon homologue flamande (Lydia Peeters, Open VLD, NdlR) et wallon (Philippe Henry, Ecolo, NdlR). Une rencontre aura également lieu la semaine prochaine avec le niveau fédéral bien qu'il n'y ait toujours pas de gouvernement. Mais l'objectif commun est d'aboutir à l'intégration tarifaire au plus vite et d'insérer les grands principes dans un accord de coopération. Par ailleurs, le groupe de pilotage RER va prochainement reprendre ses travaux."