On vous exposait ce lundi l’avis de la Commission royale des Monuments et Sites sur le projet de métro 3, dont l’enquête publique s’achève ce mardi. La rédaction vient de prendre connaissance de l’avis rendu par un autre organisme de taille : la "Commission régionale de Mobilité", organe regroupant plus de quarante membres issus des administrations et organes publics et privés en lien avec mobilité.

L’avis, appelé à être pris en considération dans le cadre de l’enquête publique, s’avère résolument négatif quant au projet de création d’un métro entre Gare du Nord et Bordet, en passant par Schaerbeek.

La Commission déplore notamment l’augmentation des coûts du projet (850 millions en 2009 et 2,2 milliards actuellement), et "doute que le projet de métro 3 soit soutenable pour les finances régionales". "La Commission estime en outre que le coût du projet est disproportionné par rapport à son premier objectif de mobilité, à savoir réduire la pression automobile." L'institution appelle également les autorités à calculer le coût d'un éventuel abandon du projet.

Pas avantageux pour les déplacements courts

L’organe ne cache également pas ses critiques quant aux avantages escomptés du projet et son impact sur la mobilité bruxelloise. "Le métro n’offre pas de gains de temps pour les trajets relativement courts", citant l’exemple du tram 55 et des courts déplacements entre Liedts et Helmet. Autre exemple, les stations à 30 mètres : "certains parcours seront dès lors plus longs en métro qu’en tram".

Sont également décriés le manque d’infrastructures pour vélos, l’impact des stations sur le stationnement, les répercussions des chantiers sur la mobilité bruxelloise ainsi que la logistique du chantier (le volume de terre extraite représentant cinq fois la butte du Lion de Waterloo)…

Outre le fond du dossier et la pertinence d’un métro entre la gare du Nord et Evere, la Commission Régionale de Mobilité déplore n’avoir pas été davantage sollicitée dans le "plus important projet de mobilité de l’histoire de la Région" et a demandé la prolongation jusqu’en septembre de l’enquête publique. Un dossier de plus de 7.000 pages dont le résumé fait à lui seul 595 pages. "La Commission regrette que le gouvernement n’ait pas prolongé la durée de l’enquête publique, ce qu’il a fait pour le PAD Midi (1889 pages) ou le plan Good Move (939 pages)."

Cerexhe dénonce l'avis et une commission "orientée idéologiquement"

Membre depuis peu de la commission, le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, Benoît Cerexhe (Les Engagés), s’est désolidarisé de l’avis et dénonce le mode de fonctionnement de l’organe. "Cette commission est fortement orientée idéologiquement", déclare-t-il sans détour.

Partisan du métro, le mayeur voit ce dossier comme un symbole de la lenteur procédurale des grands dossiers bruxellois : "Quand j’étais au gouvernement, on parlait déjà de ce projet. Beaucoup d’études ont été faites et certains reviennent avec les mêmes arguments, les vieilles lubies. Certaines craintes sont légitimes. Mais gouverner, c’est faire des choix. Il s’agit ici d’un projet d’envergure qui permettra d’offrir un transport plus rapide."