Les agressions physiques sont en légère baisse sur le réseau de la Stib… mais une baisse qui n’est pas proportionnelle à la baisse du nombre de voyageurs liée à la crise sanitaire.

Le Parlement Bruxellois a auditionné la société de transport public ce mardi en commission mobilité. Selon la Stib, 736 agressions ont eu lieu en 2021 à l’encontre du personnel : 111 physiques et 652 verbales. En 2020, ce chiffre global était de 731, en 2019 de 824 et en 2018 de 964.

Les agressions physiques touchent principalement le personnel de sécurité, et ensuite les conducteurs de bus et de tram, "plus exposés à la clientèle avec un risque d’agression". Pour les agressions verbales, ce sont surtout les conducteurs qui sont touchés (47%).

Pour Laurent Delbrouc, vice-président de la société publique, "le phénomène dépasse le cadre et les compétences de la Stib". Ce dernier identifie plusieurs causes à cette augmentation de l’agressivité comme notamment les règles liées au port du masque et l’augmentation de la précarité et des personnes en errance et sous influence. "De plus en plus de personnes sont présentes dans nos stations alors qu’elles ne devraient pas y être."

4% des incidents sont des agressions physiques

Parmi les signalements pour problèmes, 75% concernent du "désordre et incivilité". 50% des personnes signalées pour ces faits sont SDF ou sous influences (drogue ou alcool), indique la Stib.

Le groupe Ecolo-Groen se dit critique quant à la définition d’une "présence inadéquate" et veut "éviter de criminaliser le fait d’être pauvre ou sans abri". "Quand il fait -5 dehors et qu’une personne passe la journée en station et n’importune pas les voyageurs : est-ce une personne inadéquate ?", s’interroge (rhétoriquement) Ingrid Parmentier (Écolo).

Des formations en self-défense

La Stib assure mettre en place un système de sensibilisation et de prévention et compte désormais 1.000 managers formés à ces problématiques. La société dispose aussi désormais de formations de self-défense pour le personnel et des actions sur des publics spécifiques, comme "les jeunes", dans les écoles ou certains quartiers.

Une enquête a été lancée en interne auprès de travailleurs les plus ciblés : le personnel demande davantage de poursuites judiciaires et de présence policière. Au total, 16.000 caméras sont déjà installées sur le réseau. On compte environ 3.000 demandes par an de la part des autorités pour le visionnage de ces images. 

Rappelons que la Stib porte plainte systématiquement et se constitue partie civile, sauf pour les "agressions verbales légères".