Bruxelles Mobilité

Bernard Clerfayt (Défi) déplore le désinvestissement du fédéral dans la problématique de la présence de migrants à la gare du Nord.

La polémique sur la présence massive de migrants dans le hall de la gare du Nord refait surface, après que Ben Weyts (N-VA), ministre flamand de la Mobilité, a indiqué vendredi qu’il avait demandé de supprimer l’arrêt de bus de la gare du Nord.

Les syndicats ont déposé un préavis de grève jeudi car les conditions de sécurité et d’hygiène à cet arrêt ne sont pas garanties, selon eux. Cette situation est liée à la présence de migrants en transit. L’idée est d’ériger des arrêts temporaires place du Nord, devant la gare. "Notre premier souci est que nos chauffeurs puissent de cette manière prendre leur temps de repos", a expliqué Eddy Bronselaer, du syndicat chrétien. Le représentant ajoute toutefois que ce n’est pas suffisant. Les commodités nécessaires doivent être prévues, comme des toilettes. De Lijn confirme que le scénario de déplacer l’arrêt est sur la table mais sous la forme de plans pour un tout nouveau terminal de bus, à réaliser à plus long terme.

De son côté, Bernard Clerfayt (Défi), bourgmestre de Schaerbeek, où est implantée la gare du Nord, parle lui de "cinéma électoral" de la part du ministre Weyts.

"Ben Weyts a raison. Il y a des problèmes de sécurité à la gare du Nord avec des usagers qui se plaignent de la présence de migrants. Les habitants du quartier aussi sont fatigués par cette problématique car les migrants, qui n’ont pas d’endroit où aller, dorment et font leurs besoins dans les buissons et cette situation est insupportable", explique Bernard Clerfayt. "Notre zone de police a un plan d’action pour le quartier Nord, ce qui augmente sa charge de travail, et c’est donc la police locale qui se substitue à la police fédérale, ce qui est aberrant."

Selon lui, si la situation ne s’améliore pas, c’est à cause "du manque de prise en charge de la part de la N-VA". "Il manque environ 40 % d’agents à la police des chemins de fer, qui est une compétence fédérale, et rien n’a été fait pour compléter le cadre. La N-VA a laissé pourrir les problèmes dans la capitale et j’espère que les futurs ministres fédéraux assumeront la gestion des problèmes", indique encore Bernard Clerfayt.

Un avis partagé par Rudi Vervoort (PS), ministre-président bruxellois. "Il s’agit d’une situation exceptionnelle et très complexe. Il y a eu un désinvestissement total au niveau fédéral en ce qui concerne les forces de police à la gare du Nord, bien que cela soit de sa compétence. De plus, la demande régionale visant à mettre sur pied un centre d’accueil et d’orientation pour les migrants en transit à proximité de la gare n’a jamais été rencontrée", conclut-il.