Bruxelles Mobilité Le député bruxellois Marc Loewenstein (Défi) regrette le manque de suivi.

La société de transport public De Lijn ne serait pas suffisamment accessible aux Bruxellois francophones. C’est ce que dénonce le député bruxellois Marc Loewenstein (Défi) depuis plusieurs années. "Il m’a été rapporté à plusieurs reprises des dénominations de haltes qui étaient annoncées uniquement en néerlandais mais aussi l’unilinguisme des conditions générales sur le site internet ou encore l’impossibilité de souscrire à un abonnement De Lijn en français", explique-t-il.

En 2017, un habitant d’Auderghem avait ainsi porté plainte contre De Lijn. Il considérait qu’il était anormal que l’application de la société de transport flamande ne soit pas en français alors qu’il l’utilisait à Bruxelles pour acheter ses tickets. La Commission permanente de contrôle linguistique lui avait donné raison : en circulant à Bruxelles, De Lijn est soumise, tout comme la Stib et le Tec, à la législation sur l’emploi des langues en matière administrative et donc au bilinguisme.

De son côté, De Lijn se dit être au courant de la législation linguistique et affirme appliquer celle-ci. "Tous nos panneaux d’arrêts sur le territoire de la Région bruxelloise sont bilingues. D’un côté se trouve l’information en néerlandais, de l’autre côté en français. Sur le site web, vous trouverez également les informations en néerlandais et en français", indique Sonja Loos, porte-parole de la société flamande. Elle concède toutefois qu’après "une adaptation, il est possible que la version française arrive légèrement en retard. Mais nous essayons d’offrir toutes les informations et les produits dans les deux langues".

Plus récemment , en novembre 2018, ce sont d’autres faits que le député a rapportés au ministre de la Mobilité Pascal Smet (SPA). "Un témoignage m’a dernièrement particulièrement interpellé. Il concernait un chauffeur de De Lijn qui refusait de répondre en français à une cliente bruxelloise l’interrogeant sur le dysfonctionnement du valideur de tickets qui rejetait son abonnement MTB dans les bus." Ne pouvant s’exprimer en néerlandais, cette dame a montré la preuve de paiement de son abonnement MTB au chauffeur qui a refusé de la lire parce que rédigée en français. "Il a alors demandé à la dame d’acheter un ticket ou de sortir du bus. Elle est descendue… C’est inacceptable !"

La société de transport en commun certifie que les chauffeurs de bus disposent d’instructions pour agir conformément à la législation linguistique. "Nos chauffeurs, cependant, sont des êtres humains qui peuvent parfois faire une faute. Nous offrons nos excuses à la dame en question."

Mais les excuses ne suffisent pas à Marc Loewenstein qui regrette le manque de suivi de la part de Pascal Smet : "En tant que ministre bruxellois, on se doit de s’assurer de la qualité des transports publics et de l’accueil des Bruxellois dans les bus sillonnant Bruxelles, qu’ils appartiennent à la Stib, Tec ou De Lijn."