Une prolongation du métro jusqu'à l'Adeps coûterait 94 millions d'euros, contre 34 millions pour la prolongation du tram 8.

Dans le Plan d'Aménagement Directeur (PAD) Hermann-Debroux, qui prévoit la démolition du viaduc, la Région envisage de prolonger de 1,2 km le tram 8 vers le centre sportif de l'Adeps à proximité duquel un parking de 1 500 places verra le jour pour les navetteurs.

Mais suite à l'enquête publique qui s'est clôturée en décembre dans la commune d'Auderghem, le collège et les riverains demandent à la Région de revoir leur plan afin de plutôt prolonger le métro vers l'Adeps. La problématique s'est invitée ce mardi matin en commission Mobilité du parlement bruxellois suite à une question du député David Leisterh (MR). "Concrètement, le tram bifurquera désormais vers l'Adeps au lieu de poursuivre jusqu'à Roodebeek, comme c'est le cas actuellement. Les usagers provenant de la place Wiener et voulant se rendre à Auderghem seront donc confrontés à une rupture de charge à Hermann-Debroux. Bien que je comprenne l'utilité de créer une ligne de transport depuis un parking de dissuasion, je me demande pourquoi vous choisissez de casser la ligne 8 à hauteur d'Hermann-Debroux plutôt que de prolonger la ligne de métro", a questionné le député libéral.

Mais cette requête n'aboutira pas, notamment pour des questions budgétaires. "Prolonger le métro dans l’axe de l’avenue Herrmann-Debroux, soit jusqu’au futur P+R à hauteur du centre Adeps, soit jusque Notre-Dame au Bois, se heurte à des difficultés importantes sur le plan technique et représenterait un investissement démesuré, tant à la construction qu’à l’exploitation", a rétorqué la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen). "Lors de la construction du métro, la station Herrmann-Debroux a été construite dans l’axe de l’avenue Chaudron, après le passage du carrefour avec le boulevard du Souverain. A l’époque, en effet, les concepteurs du métro imaginaient un jour prolonger le métro jusqu’au quartier du Transvaal. S’il était décidé aujourd’hui de prolonger le métro sous l’avenue Herrmann-Debroux, il faudrait démolir la station existante pour la reconstruire dans l’axe du prolongement et interrompre l’exploitation pendant la durée des travaux, ce qui représente une perturbation majeure pour les usagers de la Stib et un coût très important."

Ainsi, le coût de l’investissement s'élève à 94 millions d'euros, contre 34 millions pour la prolongation du tram 8. "Par ailleurs, prolonger le métro jusqu’au futur P+R fournirait sur ce tronçon une offre surabondante par rapport à la demande. En effet, le générateur de la demande, soit le parking, n’amènerait des voyageurs/usagers potentiels des transports publics qu’aux heures de pointe principalement, vu le peu d’autres activités situées à proximité, ce qui reviendrait à coûter très cher en exploitation pour faire rouler des rames généralement vides. Cette débauche de moyens serait encore aggravée si on prolongeait le métro jusque Notre-Dame au Bois", précise la ministre.

"Par contre, la solution choisie, soit prolonger la ligne de tram 8 jusqu’à ce P+R, avec scission de la ligne à cet endroit, présente de nombreux avantages. L’investissement à réaliser est nettement moins coûteux que le prolongement du métro, tenant compte de la demande relativement limitée au futur P+R. L’exploitation du métro ne sera pas perturbée par les travaux. La ligne 8, qui n’a cessé d’être prolongée ces dernières années et le sera encore au-delà du métro Roodebeek, est scindée, ce qui permet de mieux garantir sa régularité. Les navetteurs qui déposeront leur voiture bénéficieront d’un panel plus diversifié de destinations en transport public (une ligne vers l’avenue Louise, une vers Roodebeek et, moyennant une correspondance, le métro vers le centre-ville). Quant à la correspondance qui sera nécessaire pour les usagers venant de la place Wiener et allant vers Roodebeek, celle-ci se fera de quai à quai dans le cadre de l’aménagement projeté. Celle-ci ne sera donc pas pénalisante pour les voyageurs", conclut-elle.