Le projet de démolition du viaduc Herrmann-Debroux pour en faire un boulevard urbain est vu d'un mauvais oeil par l'opposition à Auderghem.

L’enquête publique, débutée le 9 octobre dernier, permet aux citoyens auderghemois de découvrir les détails du PAD (Plan d’Aménagement Directeur) qui doit préfigurer l’avenir du paysage d’entrée de ville pour des décennies.

Mais ce projet est vu d'un mauvais oeil par l'opposition Liste Citoyenne 1160 au conseil communal d'Auderghem. "Si l’objectif, au demeurant louable, affiché par la majorité est de supprimer le viaduc et de développer un boulevard urbain, son empressement à focaliser l’attention sur ce seul volet – il suffit de jeter un œil sur la "synthèse" et le formulaire d’enquête publique proposés sur le site communal pour se rendre compte de leur aspect partiel et partial – nous a encouragés à examiner le détail du programme des zones dites "en accroche"", explique Nathalie Wyns, conseillère communale.

"Et là, c’est la douche froide… Tours de 80 mètres de hauteur (Triomphe, Fraiteur, Triangle, Demey), avec des bâtisses voisines pouvant dépasser les normes réglementaires en vigueur, front bâti le long de l’avenue Cockx jusqu’à onze étages, bâtiments de 40 mètres de hauteur sur le site Beaulieu reconstruit et densifié, bâtiments de neuf niveaux sur le site Demey, tours bâties sur les dalles d’activités productives de la zone Triangle pouvant dépasser de 20 mètres la hauteur du Chirec. C’est la folie des grandeurs que nous concocte le gouvernement régional. Pourtant, le gouvernement précédent avait limité les ambitions en termes de gabarits et de densités, les repères paysagers avaient été remis en question et les gabarits avaient été revus à la baisse…", explique-t-elle.

"Il faut croire que nos majorités régionales et locales se sont laissé avoir par les sirènes des promoteurs trop heureux de profiter de cette aubaine. Car, ne nous leurrons pas, l’absence de superficie maximale réglementaire pour les nouveaux quartiers peut nous faire craindre le pire, et les déclarations apaisantes de notre bourgmestre (Didier Gosuin, Défi, NdlR) ne tiennent pas une seconde devant les projets présentés", poursuit Nathalie Wyns.

Selon elle, le nouveau parking de dissuasion à l'Adeps, d'une capacité d'environ 1500 places, ne va pas être suffisant pour empêcher une congestion dans le quartier. "Ce n’est certainement pas, contrairement à ce que le pouvoir communal voudrait nous faire croire, le seul parking de dissuasion situé aux confins de la commune qui va compenser l’augmentation de la pression automobile générée par les 2500 nouveaux habitants des nouveaux quartiers. Autre point de non-sens, celui que la majorité communale avalise sans sourciller : on ne prolongera pas le métro jusqu’à l’Adeps et jusqu’au parking de dissuasion, on y préfère un tram détourné depuis le boulevard du Souverain. Les autorités régionales nous disent que le prolongement du métro jusque là est budgétairement impossible, mais par ailleurs elles approuvent les milliards que va coûter le creusement du métro nord", fustige-t-elle.

La liste citoyenne se mobilise et encourage les citoyens à faire entendre leur voix : "Auderghem doit rester viable et respirable, elle doit se battre pour être un trait d’union entre Bruxelles et la Wallonie ! Nous avons jusqu’au 9 décembre pour le dire haut et fort : réduisons les gabarits, limitons les densités, répartissons mieux les logements publics pour éviter les ghettos (50% prévus sur le seul quartier Cockx), maintenons du stationnement public dans les nouveaux quartiers ou en sous-sol du quartier Michiels, exigeons le prolongement du métro jusqu’à Jezus-Eik, de manière à ne pas nous couper de nos amis brabançons. Mais surtout, manifestons-nous via le formulaire d’enquête publique fourni par la région, beaucoup plus complet que la version tronquée et orientée que nous propose la majorité auderghemoise", conclut-elle.