Bruxelles Mobilité La nouvelle ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) s’adresse aux Wallons et Flamands dans une lettre ouverte rassembleuse, positive et volontariste.

Ce matin, la nouvelle ministre bruxelloise chargée de la Mobilité, des Travaux publics et de la Sécurité routière Elke Van den Brandt (Groen !) publiera une lettre aux Bruxellois et aux navetteurs. Dans cette missive envoyée en pleine semaine de la Mobilité, elle dévoile ses ambitions, précise sa méthode de travail, pose ses arguments. Pour La DH, elle détaille son message : "Mon credo, c’est de se mettre autour de la table et de discuter pour arriver à trouver des solutions", lance-t-elle d’emblée.

Un style qui tranche singulièrement avec celui de son prédécesseur Pascal Smet (SP.A). Pas question pour cette Ganshorenoise de braquer ses "futurs partenaires" mais bien de faire passer son message et de convaincre ses partenaires wallons, flamands, fédéral. "Bruxelles n’est pas une île. Je ne suis pas contre les navetteurs, je ne suis pas contre les voitures. Mais si l’on trouve une solution alternative ensemble, cela profitera à l’ensemble des Belges."

Alors, quand le coprésident d’Ecolo Jean-Marc Nollet recale la taxe kilométrique, projet pourtant phare du nouveau gouvernement bruxellois, Elke Van den Brandt ne tique pas. "Je connais Jean-Marc depuis longtemps. On s’est même vu hier matin (mardi matin, NdlR) . On s’entend très bien. Je comprends la position wallonne mais je suis certaine que nous réussirons à trouver un terrain d’entente. La Wallonie s’est elle aussi fixé des objectifs climatiques ambitieux. Il n’y a pas de raison que l’on ne marche pas dans la même direction."

Même lorsque le ministre-Président wallon et futur ex-président du PS Elio Di Rupo en remet une couche le lendemain en écartant, lui aussi, l’idée d’une taxe kilométrique ? Là encore, Elke Van den Brandt arrondit les angles, joue l’apaisement et la concertation tout en maintenant une fermeté certaine. "Je suis convaincue que les embouteillages, c’est aussi quelque chose d’important pour le gouvernement wallon. Nous devons chercher ce que nous avons en commun et trouver des solutions ensemble. Peut-être que cela ne sera pas facile mais on va parler. Je suis optimiste", affiche-t-elle, rappelant que Jean-Marc Nollet a déclaré qu’il était, lui aussi, "ouvert à la discussion".

Quand bien même… Et si les négociations n’aboutissaient pas. Jusqu’où la Bruxelloise est-elle prête à aller ? Jusqu’au bout visiblement. "Il y a urgence climatique. Et nous n’avons pas le luxe de perdre cinq ans. Sur le plan sanitaire d’abord, la pollution de l’air tue 600 personnes par an à Bruxelles. Sur le plan économique ensuite, la congestion automobile coûte plus de 8 milliards d’euros à la Belgique. N’oubliez pas non plus que la première cause de stress chez les Belges, ce sont les problèmes de mobilité. Cette urgence concerne les Bruxellois, les Wallons et les Flamands. À Bruxelles, nous avons pris nos responsabilités : l’extension du métro, le plan bus (+30 % d’ici 2022), sept lignes de tramway, etc."

Aux autres régions de se bouger donc ? "Voyons ce qu’ils diront mais si la Flandre et la Wallonie n’en font pas une priorité, je serais très curieuse d’entendre leurs arguments. En réalité, je ne peux pas croire qu’ils se fichent du climat, de la mobilité, de la congestion automobile. Comment pourraient-ils accepter que l’on perde 8 milliards d’euros par an ? Comment pourraient-ils ne pas comprendre qu’en diminuant le trafic automobile de 20 %, on élimine la congestion à Bruxelles ? Comment ne pourraient-ils pas comprendre que cela bénéficiera aussi à leurs habitants ?"

Difficile, en effet, de ne pas adhérer à de telles évidences…