Enseignant à Anderlecht, Jean-François Vanwelde se rend généralement à vélo sur son lieu de travail. Comme les autres professeurs dans le même cas, il reçoit des indemnités kilométriques mensuelles. Mais son compte en banque ne devrait pas voir la couleur de celles du mois d'avril. En cause, la circulaire qui organise le remboursement des frais de transport dans l’enseignement prévoit l’obligation de "justifier l’utilisation de la bicyclette au moins dix jours ouvrables par mois". Or, avec le congé de Pâques et le jour férié du premier mai récupéré le vendredi 30 avril, il est impossible de cumuler dix jours sur le mois.

Pourtant, les frais liés à l'utilisation de la bicyclette ne s'arrêtent pas, assure l'enseignant. "Depuis le début de la pandémie, j’essaie d’emprunter le moins possible les transports en commun. J’ai investi dans un kit électrique pour mon vélo et je fais tous les jours le trajet entre Braine-l’Alleud et Anderlecht. J’ai régulièrement des frais, notamment en chambres à air, en pneus, en freins, en pantalons de pluie, en rayons cassés et en entretien général du vélo. Sans compter les recharges de batterie." Il s'interroge ainsi sur la pertinence de la circulaire. "Dans la mesure où l’usure du vélo est proportionnelle à son utilisation, je ne vois pas l’intérêt de la règle des dix jours pour pouvoir prétendre à une indemnité vélo. J’ai d’ailleurs interpellé la ministre par mail à ce sujet il y a pile un an, je n’ai jamais reçu de réponse. Cette règle est complètement absurde, il faut la changer."

Jean-François Vanwelde pointe d'autres incohérences. "L’intervention ne peut être cumulée avec l’intervention dans des frais de transport en commun pour le même trajet et la même période." Autrement dit, si un enseignant utilise quinze jours son vélo et cinq jours les transports en commun, il devra choisir de se faire rembourser soit les indemnités kilométriques pour l’utilisation de son vélo soit ses tickets de transports en commun. "Il sera forcément perdant puisque ses frais liés aux déplacements ne seront pas intégralement remboursés."

Quant au montant de l'indemnité, il s'élève à 15 centimes par kilomètre parcouru. "Le montant est fort peu incitatif en regard de ce qui se fait dans le privé, ou même du côté des fonctionnaires qui, eux, sont remboursés 0,24 euro par kilomètre, soit presque le double. Il serait grand temps de dépoussiérer ce genre de circulaire : un enseignant qui se rend sur son lieu de travail à vélo doit pouvoir prétendre à une indemnité kilométrique dès son premier trajet et devrait pouvoir être remboursé de ses transports en commun quand il les utilise."

De son côté, l'administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles confirme qu'aucune dérogation n'est prévue à la règle des dix jours, même en cas de vacances scolaires. Elle précise que seul le moyen de transport habituellement utilisé fait l'objet d'un remboursement. "Néanmoins, le membre du personnel qui utilise sa bicyclette pour se rendre de son domicile à un arrêt de transport en commun vers son lieu de travail ou d'un arrêt de transport en commun à son lieu de travail peut bénéficier du remboursement de ces deux moyens de transport, si la distance entre le lieu de résidence ou de travail et l'arrêt du transport en commun est d'un kilomètre au moins."