La scène était impressionnante. Sur le coup de 15h, une bonne centaine de motards ont subitement débarqué tambour battant à proximité de la gare Centrale. Ils répondaient à l'appel lancé par Kevin Nikac, fondateur du parti politique Révolution Bruxelloise, afin de s'opposer au projet de taxe kilométrique à Bruxelles baptisé SmartMove.

Parmi les motards, l’on retrouve Xavier, originaire de Watermael-Boitsfort, qui ne mâche pas ses mots. "Déjà, la zone 30 au 1er janvier sera impossible à respecter pour les motards. On apprend maintenant qu’un projet de taxation kilométrique est dans les cartons et risque de nous tomber dessus. C’est ridicule ! Cela va coûter une fortune à la population et nous sommes déjà dans la misère avec la crise Covid", fustige-t-il.

© JC Guillaume

Selon lui, "cette taxe va conduire à une désertification de Bruxelles." "Il faut arrêter de créer des pistes cyclables partout et n’importe comment et travailler à une meilleure fluidité à Bruxelles mais sans systématiquement opposer les modes de transport, comme le fait actuellement le gouvernement bruxellois. Nous sommes beaucoup trop taxés et cela devient infernal. J’envisage très sérieusement de quitter Bruxelles si ce projet de taxe kilométrique se concrétise", ajoute Xavier.

"Cette taxe est inefficace et anti-sociale. Elle va être répercutée sur les travailleurs car on va payer plus cher pendant les heures de travail ! Or, il n’y a aucune alternative crédible qui est proposée ! Les travailleurs sont déjà lésés par la crise en étant au chômage temporaire pour la plupart, et c’est eux qui vont douiller avec cette nouvelle taxe", confie Patricia, venue spécialement de Sombreville pour la manifestation.

"Cette taxe punitive n’est pas une solution", embraie son amie Anne, juriste bruxelloise.

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C’est sous les acclamations et les coups de klaxon des manifestants que Kevin Nikac, organisateur de la manifestation, a pris la parole. "Cette taxe est discriminatoire car toutes les familles qui sont dans une catégorie précaire devront se contenter des transports en commun pour se déplacer et c’est honteux ! On ne peut pas accepter cela. Tout le monde a le droit d’avoir un véhicule. Il y a quelques années, avoir un véhicule était du luxe. Aujourd’hui, c’est une nécessité, un besoin", a-t-il expliqué.

"Il y a énormément de personnes qui doivent déposer leurs enfants à l’école avant d’aller au travail. On a besoin de notre voiture pour aller faire des courses et se déplacer pour aller à l’hôpital, et ça le gouvernement bruxellois n’y a pas pensé. Comment peut-on laisser des politiques élus par le peuple nous imposer une taxe supplémentaire alors qu’on est en pleine période de Covid et que les gens ont déjà la corde autour du cou ? Il y a énormément de gens qui sont morts, de familles en deuil, des pertes d’emploi et on veut nous ajouter une taxe qui passera de 350 euros à 2200 euros par an pour circuler en voiture ? C'est honteux !", conclut Kevin Nikac.

Sur place, les organisateurs distribuaient des masques et du gel hydroalcoolique. Aucun incident n’a été déploré.

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