La mise en œuvre du plan régional de mobilité Good Move devrait aussi avoir un impact positif. Le transport routier est l'un des principaux responsables de la pollution de l'air à Bruxelles. En 2019, il représentait 61% des émissions d'oxyde d'azote et 26% des émissions de particules fines. D'après une étude réalisée par Bruxelles Environnement, l'interdiction du diesel puis de l'essence couplée à la réduction de 25% de l'usage de la voiture pour 2030, comme prévu dans le plan Good Move, permettraient non seulement d'éviter entre 100 et 110 décès prématurés chaque année mais également de réduire de 25% les maladies liées à l'exposition au dioxyde d'azote, comme l'asthme, les cancers du poumon et autres troubles respiratoires chroniques.

Cette diminution des décès et des maladies devrait permettre de réaliser des économies substantielles concernant les soins de santé où l'absentéisme au travail. Au total, selon l'administration, ce sont 100 à 350 millions d'euros qui pourraient être économisés pour la seule année 2030.

La sortie du thermique et le plan Good Move devraient également entrainer une baisse de 65 à 75% des émissions de CO2 liées au transport. Ce qui, selon Bruxelles environnement, permettrait à la capitale de respecter son objectif de réduire de plus de 40% les émissions directes de gaz à effet de serre en 2030.

Enfin, d'après une autre étude de Bruxelles environnement sur l'impact socio-économique de l'interdiction des moteurs thermiques, le développement de la mobilité durable et la baisse des prix des véhicules basses émissions devraient permettre d'éviter un d'impact négatif sur les ménages.

Du côté des organisations qui luttent pour une meilleure qualité de l'air à Bruxelles, on se réjouit tout en regrettant que l'interdiction ne soit pas plus anticipée. "Les citoyens sont conscients de l'impact des véhicules polluants sur leur santé et demandent plus d'actions contre la pollution de l'air au niveau local. Le gouvernement bruxellois a certainement fait un pas historique pour Bruxelles aujourd'hui, mais doit maintenant écouter la voix des citoyens et réviser la proposition actuelle pour interdire tous les véhicules à essence, diesel et gaz de la ville d'ici 2030 au plus tard", a réagi Marie-Charlotte Debouche, coordinatrice de la campagne Clean Cities en Belgique.

Le gouvernement bruxellois a confirmé jeudi son engagement à bannir les véhicules au diesel à partir de 2030 et à l'essence, à partir de 2035. Le calendrier exact a été fixé ce vendredi.

Greenpeace salue l'initiative mais regrette que celle-ci ne soit pas plus rapide

La volonté de la Région Bruxelles-Capitale de se débarrasser des véhicules diesel d'ici 2030 et essence d'ici 2035 est honorable mais le délai est trop long, regrette vendredi Greenpeace dans un communiqué. La Flandre et la Wallonie sont, elles, trop peu ambitieuses. Bien que l'ONG environnementale salue la démarche bruxelloise, elle souligne néanmoins que d'autres villes européennes ont placé la barre plus haut. En effet, Amsterdam et Oslo, par exemple, ambitionnent de devenir des villes à émissions nulle, sans véhicules fossiles d'ici 2030. "Nous préconisons de mettre l'accent sur les alternatives à la voiture et le soutien aux groupes vulnérables, notamment dans les grandes villes, et en même temps d'éliminer progressivement tout trafic fossile d'ici 2030", déclare Carine Thibaut, porte-parole de Greenpeace Belgique.

En parallèle, Greenpeace appelle la Wallonie et la Flandre à se montrer plus entreprenantes en la matière. "L'ambition de la Flandre de supprimer progressivement les véhicules thermiques est trop faible, et le gouvernement wallon veut même miser sur le gaz fossile comme "carburant de transition". Au lieu de se plaindre de l'impact sur les navetteurs flamands et wallons vers Bruxelles, les deux Régions feraient mieux d'accomplir enfin leurs devoirs et d'augmenter leurs propres ambitions", rappelle Carine Thibaut.