Selon elles, le gouvernement bruxellois doit renoncer au projet, en privilégiant les alternatives en surface.

Le projet d'extension du métro vers le nord de Bruxelles n'a pas fini de faire parler de lui. Une pétition lancée par huit associations et comités d'habitants de différents quartiers demande de remettre cet épineux projet à plat.

Petit rappel des faits. Dans le cadre de la création de la ligne de métro 3 Albert-Bordet, Beliris (l'accord de coopération entre le Fédéral et la Région bruxelloise) réalise des études pour l'extension de la ligne entre Gare du Nord et Bordet. La future ligne 3 existe déjà en partie avec des trams qui roulent en pré-métro entre Gare du Nord et Albert. Ce tronçon sera dès lors converti pour accueillir des rames de métro. Il sera ensuite prolongé vers le nord de la Région, avec la construction d’un nouveau tronçon reliant la gare du Nord à Schaerbeek à la station Bordet à Evere.

Ce projet d’extension implique la création d’un tunnel de 5 km, de 7 nouvelles stations et d’un dépôt. Objectif : mieux relier les quartiers Nord et Sud de Bruxelles, et renforcer la capacité des transports en commun dans les quartiers denses.

Mais ce projet est vu d'un mauvais œil par plusieurs associations qui ont lancé une pétition. "Le chantier de la ligne 3 du métro éventrerait Bruxelles pendant 10 ans, du marché du Midi au square Riga à Schaerbeek, en passant par l'avenue de Stalingrad. Pourtant, il existe des solutions plus rapides, moins dévastatrices et moins ruineuses pour améliorer la mobilité douce ! Nous demandons à la Région bruxelloise et à la Stib de changer de cap. Il en est encore temps", expliquent les fondateurs de la pétition.

"Après de multiples reports du planning et une explosion du budget (les coûts prévisionnels ne cessent d'augmenter et s'élèvent pour l'instant à près de 2 milliards d'euros), et malgré l'absence de véritable débat et d'analyse sérieuse des alternatives existantes, le chantier est censé se terminer… au plus tôt en 2030. Entretemps, la galère continue et risque même de s'aggraver pour les usagers", précisent-ils.


Afin d'illustrer leur propos, les signataires prennent l'exemple de la station Toots Thielemans. "Le chantier pharaonique pour la seule station "Toots Thielemans" sous l’avenue de Stalingrad (Ville de Bruxelles), dont la durée annoncée est de 8 ans, causerait de graves nuisances pour les habitants et commerçants de différents quartiers. Il asphyxierait notamment l’avenue de Stalingrad, véritable poumon social et commercial du centre-ville par ailleurs déjà très bien desservi en transports en commun, créerait d’importantes perturbations sur le marché et la foire du Midi (Saint-Gilles) et les commerces alentours. À Schaerbeek et Evere, ce sont 7 nouvelles stations qui sont prévues avec, là aussi, d’importantes nuisances pour les habitants et les commerçants mais aussi pour le patrimoine (défiguration du square Riga à Schaerbeek)", redoutent les huit associations et comités d'habitants.

Selon eux, des alternatives efficaces existent en surface. "Plutôt que de lancer de gros projets d'infrastructures, mieux vaut d'abord améliorer l'existant. Nous demandons à la Région bruxelloise et à la Stib d’abandonner le projet de métro 3 et son chantier destructeur, d’améliorer rapidement l’offre des fréquences et le maillage des trams et des bus en sites propres et des pistes cyclables sécurisées, et d'utiliser davantage le potentiel ferroviaire existant (il existe 34 gares en fonction à Bruxelles !) pour améliorer la mobilité des Bruxellois", concluent-ils.

Les associations concernées sont : l'association des commerçants Stalingrad-Lemonnier (Stalem), l'Atelier de Recherche et d'action Urbaines (ARAU), le Comité d’habitants Saint-Gilles Midi/Zuid/South, Forest-Inter-Quartier, Inter-Environnement Bruxelles (IEB), Mobilité 55, Pavé dans les Marolles, Sauvez le square Riga.

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