L’objectif : fermer la circulation automobile dans une rue située à proximité d’une école afin d’améliorer la qualité de l’air.

Le concept de rue scolaire fait peu à peu son chemin en région bruxelloise. Ce concept très répandu en Flandre consiste à fermer une voirie située à proximité immédiate d’un établissement scolaire pendant les heures d’entrée et de sortie des classes. Une mesure qui doit contribuer à améliorer la sécurité aux abords des écoles tout en luttant contre la pollution de l’air.

Ainsi, les dix-neuf communes bruxelloises sont favorables à ce projet, en fonction évidemment de la configuration des lieux. Toutes sont unanimes sur un point : le développement des rues scolaires doit se faire en concertation avec les parents d’élèves, les zones de police et la direction des écoles. Précisons toutefois que pour pouvoir créer une rue scolaire cinq conditions strictes doivent être remplies, ce qui rend la mise en application de cette mesure pas toujours possible.

Du côté d’Anderlecht, cinq rues scolaires dans cinq quartiers différents verront le jour à partir du 23 avril. "L’introduction d’une rue scolaire va toujours de pair avec une phase test. Nous ferons une évaluation avant les vacances d’été pour voir ce qu’il convient, ou non, d’adapter" , explique Suzanne Muller Hubsch (Ecolo), échevine de la Mobilité. Idem pour la commune de Koekelberg, où une rue scolaire sera en phase test à partir du 29 avril. Il s’agit de l’avenue du Château, devant l’école Unesco. La rue sera uniquement fermée le matin durant 30 minutes.

Du côté d’Ixelles, deux écoles se sont montrées intéressées : l’école n° 8 à Boondael et l’école néerlandophone De Wimpler, située rue Cans. "Toute direction d’école qui est favorable au projet peut remplir un formulaire sur le site internet au minimum 30 jours ouvrables avant le début de l’événement" , confie Yves Rouyet (Ecolo), échevin de la Mobilité.

À Schaerbeek, trois rues scolaires existent déjà. "L’expérience sera évaluée et le service Mobilité cherche à en développer d’autres. Cela dépend de la configuration de la rue et de la volonté de l’école et des parents" , affirme Bernard Clerfayt (Défi), bourgmestre schaerbeekois.

À Ganshoren, une rue scolaire est actuellement en phase test dans la rue Louis Delhove, où l’on retrouve deux écoles. " Nous travaillons également sur la mise en place d’une rue scolaire rue de l’Éducation. D’autres contacts ont lieu avec une école de la rue Vervaeck mais aucune solution n’a, pour le moment, été finalisée ", explique Magali Cornelissen (MR), échevine de la Mobilité. La commune voisine de Berchem-Sainte-Agathe va également procéder à une phase test, qui se tiendra de mi-septembre à mi-décembre du côté de la rue de l’Église. À Molenbeek, six écoles ont introduit une demande de subside auprès de Bruxelles Mobilité pour la mise en place d’une rue scolaire.

Du côté de la ville de Bruxelles, trois rues scolaires vont être testées. "Nous allons commencer du côté de la rue de Molenbeek, à Laeken, où la phase test (dont la date précise de début n’a pas été communiquée, NdlR) va durer trois semaines. Deux autres phases pilotes verront le jour dans la rue de Flandre et dans la rue de l’Aurore. Au début du mois de juin, nous allons inviter toutes les écoles et les comités de parents pour voir les écoles intéressées par ce projet. On analysera la situation avec les services Voiries de la commune pour voir si des aménagements sont possibles en fonction de la configuration des lieux" , explique Bart Dhondt (Ecolo), échevin de la Mobilité.

Par ailleurs, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (PS), précise que ce sont les parents qui, sur base volontaire, assureront le maintien de la fermeture des barrières. "On ne peut pas mettre de gardiens partout, raison pour laquelle la concertation avec les parents est indispensable pour qu’ils adhèrent au projet. Ensuite, ce sont eux qui, à tour de rôle, assureront le maintien de la fermeture des barrières. La qualité de l’air, c’est l’affaire de tous !" explique Philippe Close.

À Woluwe-Saint-Lambert, la commune étudie une première proposition pour l’école néerlandophone située rue des Floralies. "Mais on veille à ce qu’il n’y ait pas de report de trafic dans les rues périphériques. Nous y travaillons avec notre service Mobilité, mais cette mesure est également l’occasion d’inciter la population à se déplacer autrement qu’en voiture", confie Olivier Maingain (Défi), bourgmestre de la commune.

Enfin, plusieurs écoles se sont montrées intéressées dans les communes d’Uccle, de Saint-Gilles, d’Etterbeek, de Woluwe-Saint-Pierre et de Jette. Mais des discussions sont toujours en cours et aucune rue scolaire n’est prévue pour le moment. Un constat identique du côté d’Auderghem. "Trois écoles communales sur quatre sont intéressées mais elles ne sont pas éligibles car elles ne répondent pas aux cinq critères à cause, notamment, du fait que les bus de la Stib empruntent certaines rues. La quatrième école n’en a pas fait la demande" , explique la commune.

Malgré nos demandes répétées, nous n’avons reçu aucun retour de la part des communes de Watermael-Boitsfort et d’Evere.