Bruxelles Mobilité

Benoit Godart rappelle que le Code de la route n'interdit pas à deux personnes de rouler sur une trottinette.

Nous vous l’annoncions hier, la commune d’Etterbeek a voté une ordonnance de police afin de mieux encadrer le stationnement des trottinettes et autres engins de mobilité douce sur son territoire. L’ordonnance, en plus d’être un appel du pied à la Région pour que celle-ci légifère, permet de verbaliser les trottinettes qui circulent sur les trottoirs ou qui obstruent les zones de marche. Le second volet de l’ordonnance concerne les comportements dangereux ou provoquant des nuisances, comme les usagers qui circuleraient à plusieurs sur une trottinette.

C’est ce dernier point qui a fait tiquer Benoit Godart. “Le Code de la route n’interdit pas de circuler à deux sur une trottinette. Une commune ne peut se substituer au pouvoir fédéral pour changer les règles, cette ordonnance n'est donc pas légale.” Le porte-parole de Vias rappelle que les usagers de la route doivent pouvoir effectuer les manoeuvres qui incombent à tout moment. “Si on a deux adultes de 1m90 sur une trottinette, c’est compliqué. Mais si on parle d’un adulte et d’un enfant, je ne vois pas où est le problème.”

Un point de vue que ne partage pas le bourgmestre d’Etterbeek. Il estime que la réglementation locale peut être plus sévère qu’une norme supérieure, en l’occurrence le Code de la route. “On ne parle pas d’une sanction pénale mais d’une sanction administrative communale”, précise en outre Vincent De Wolf qui rappelle que sa fonction l’oblige à assurer la sécurité de la population sur son territoire. “Si un accident se produit, les gens vont remonter la chaîne de responsabilité au bout de laquelle je me trouve. A la fin, c’est toujours le bourgmestre qui est responsable.”

Pour Benoit Godart, l’argument ne tient pas : “Si le bourgmestre peut décider de modifier le Code de la route sous prétexte d’assurer la sécurité des gens, il n’y a plus de limites ! Demain, il pourra décider de rendre le port du casque obligatoire ou de changer la limite de vitesse. Sur un territoire aussi local, cela n'a pas de sens." Le porte-parole de Vias prône ainsi une réglementation homogène sur l'ensemble du territoire. “Est-ce que ce serait mieux si la réglementation était la même partout ? Sans aucun doute. Est-ce que pour autant je dois rester dans mon bureau à ne rien faire pendant que le nombre de plaintes ne cesse d’augmenter ? Je ne pense pas”, lui répond l'édile. 

Pour rappel, la police peut déjà verbaliser les personnes qui adoptent un comportement dangereux sur la route.