Bruxelles Mobilité

L'accord de majorité à Ixelles sera présenté devant le conseil communal ce jeudi soir.

Il n'est pas toujours évident de se frayer un passage dans les petites rues d'Ixelles, régulièrement obstruées par les poids lourds qui viennent livrer les nombreux magasins et supermarchés implantés dans la commune.

Raison pour laquelle, dans l'accord de majorité qui sera présenté au conseil communal ce jeudi soir, la commune envisage de bannir les poids-lourds au-delà d'un certain tonnage.

"L'objectif est d'éviter que les semi-remorques et autres véhicules gigantesques ne se retrouvent dans les petites rues de la commune. Je soupçonne certains GPS de ne pas bien calculer les endroits où ils envoient les camions, qui n'arrivent pas à prendre leur tournant dans les rues qui sont exiguës", explique Yves Rouyet (Ecolo), le nouvel échevin de la Mobilité. "C'est, par exemple, le cas au pont Germoir, au croisement avec l'avenue de la Couronne, où des camions se trouvent là chaque matin pour livrer le supermarché. Idem sur la place Blyckaert où un camion bloque totalement la rue Goffart, ce qui nuit à la qualité de vie des habitants du quartier. Dernier exemple : un camion bloque systématiquement la circulation au carrefour entre Buyl et le boulevard Général Jacques. Résultat, ils se met en double file, obstruant le passage des véhicules et des bus de la Stib."

Par cette mesure, la commune souhaite donc inciter les grandes surfaces à revoir leurs modes de livraison. "Quand on a un commerce en milieu urbain, il faut un mode de livraison urbain. Il faut donc interdire aux gros tonnages d'emprunter les rues de la commune, et cela forcera les distributeurs à "spliter" leurs cargaisons en plus petites camionnettes. Si les communes n'agissent pas en la matière, alors les distributeurs ne changeront pas de moyen de livraison", ajoute Yves Rouyet.

D'autres communes, comme Bruxelles-Ville, ont également adopté cette mesure. Les poids lourds de plus de 7,5 tonnes y sont bannis.

En revanche, aucune limite de tonnage n'a pour l'heure été définie à Ixelles. "Nous plaçons la concertation au cœur de notre action politique. Raison pour laquelle nous allons nous concerter avec les communes avoisinantes et la Région bruxelloise pour examiner le projet. C'est fini de penser qu'Ixelles est une petite île qui prend ses décisions dans son coin. Donc quand on prend position sur la question des poids lourds, on doit discuter avec le service ad hoc de Bruxelles Mobilité et les communes", précise Yves Rouyet, qui n'exclut pas de prendre contact avec les applications de navigations GPS pour trouver des itinéraires alternatifs.

Le stationnement en rue va être réduit

Mais les mesures prévues en matière de mobilité sous cette législature ne se limitent pas à l'interdiction des poids-lourds.

La commune entend libérer de l’espace public en réduisant le stationnement en rue au profit des espaces piétons et pour les autres modes de déplacement. En partenariat avec l’Agence de stationnement – à laquelle la commune transférera le contrôle du stationnement -, la commune analysera tous les moyens d’encourager le stationnement hors voirie plutôt qu’en rue. Pour faciliter et encourager le développement des modes actifs, le collège veillera à accorder une priorité à l’augmentation des brigades de police cyclistes pour verbaliser efficacement les véhicules garés en double file, sur les pistes cyclables, etc.

Un place toute particulière est également réservée à l'utilisation des transports en commun. "Les transports en commun sont le moyen de déplacement de tous, quel que soit l’âge, le niveau de revenu, la situation familiale ou le handicap éventuel. C’est aussi le moyen de déplacement le plus utilisé par les Ixellois. Il est donc essentiel de les débloquer de la circulation, de les encourager, d’améliorer le maillage, de réduire autant que possible les ruptures de charge, d’améliorer le confort de voyage et d’attente", peut-on lire dans l'accord de majorité.